Les coulisses de Mc’Do

Galère précaire ou tremplin professionnel ?

Coulisses Mc Do

 

« Mc Donald’s — ou Mc Do pour les intimes — est la chaîne de restauration rapide américaine la plus importante du monde. Avec plus de 31 600 restaurants à travers le monde, cette marque est devenue un symbole de la mondialisation et de la prédominance de la culture américaine» (Déf. Wikipédia). Cela étant dit, qu’en est-il vraiment au quotidien en termes d’emploi, de fonctionnement, d’hygiène alimentaire …? Jazette s’est intéressé aux coulisses d’une de ces nombreuses «machine de guerre», installée tout près de chez nous : le restaurant implanté à Peipin depuis le 21 avril 2009. Nous y avons rencontré Yvon Le Peuch, Directeur, ainsi que Aurélie Figuière, Hôtesse. Ils nous font partager la vision interne de leur entreprise… alors galère précaire ou tremplin professionnel ? À vous de juger !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Directeur Mac Donald

Yvon Le Peuch
Franchisé Mc Donald’s Peipin

Quel parcours vous a conduit jusqu’au restaurant Mc Donald’s de Peipin ?

Yvon Le Peuch : Je suis diplômé d’une école de commerce et j’ai travaillé pendant 20 ans comme cadre supérieur dans des multinationales comme Danone où j’ai exercé dans la vente, le marketing, la direction générale. A 40 ans, j’ai eu envie de travailler pour moi et quand j’ai un peu regardé, je me suis dirigé vers Mc Do d’une manière assez naturelle. J’ai ouvert un restaurant à Paris, ça à bien fonctionné, j’en ai alors acheté 2 autres que j’ai vendus pour racheter à Dignes et à Manosque puis j’ai ouvert ici, à Peipin.

Mc Do est réputé pour recruter
régulièrement. Comment participez-vous au développement de l’emploi ?

Y. L.P : Concernant le site de Peipin, on a crée à l’ouverture 35 emplois en C.D.I, certains à temps partiels mais un nombre significatif est à temps plein. Nos modes de fonctionnement nécessitent de la flexibilité et on essaye de faire coller nos attentes et nos besoins avec ceux de nos salariés.

Comment se gère cette flexibilité ?

Y. L.P : Dès le recrutement d’un salarié, on défini avec lui les jours et les tranches horaires pendant lesquels il souhaite travailler. Une fois le planning calé, il travaillera toujours les mêmes jours de la semaine et aura toujours les mêmes jours de congés. Les plannings sont à la disposition du personnel 10 jours à l’avance. Tout est très structuré et organisé.

Comment se passe les recrutements ?
Avez-vous de critères ou des profils types ?

Y. L.P : On est très «open» ! Nous avons des voies de recrutements diverses et variées, des étudiants mais aussi des gens qui n’ont pas réussi dans le système d’éducation classique et qui ne parviennent pas à trouver du travail. Pour nous, tout cela n’est pas une difficulté ! Si la personne à la volonté de travailler, on sait la former, on sait leur faire acquérir les compétences dont ils ont besoin pour travailler chez nous. C’est comme ça d’ailleurs qu’il y a des révélations chez Mc Do, beaucoup de gens très capables ne sont pas faits pour le monde scolaire. Ils sont mal orientés, ont connu quelques échecs parfois, et puis un jour, un peu par hasard ils se retrouvent équipiers chez Mc Do. Là, on les accompagne, on les forme et ils deviennent Managers ou encore Directeurs. Prenons l’exemple de Julien, Directeur du restaurant de Peipin, il est rentré il y a 8 ans comme équipier !

Vous n‘avez pas peur que vos salariés emportent le savoir acquis dans une autre entreprise ?

Y. L.P : Non, c’est ce qui fait la force de notre réseau et de la franchise, parce que Mc Do ca se passe sur le terrain. Il y a des entrepreneurs et des hommes qui sont proches de leurs équipes. Nos salariés évoluent, améliorent leurs compétences et peuvent ensuite valoriser leur parcours. Un directeur avec 3 ans d’expérience peut obtenir une licence, donc un BAC + 3, dans le cadre de la Validation des Acquis de l’Expérience. Personnellement, je crois dur comme fer à l’évolution des gens et puis vous savez, c’est la compétition ! Si un salarié est bien chez moi pourquoi voulez-vous qu’il parte ailleurs? J’ai dans mon organisation des gens qui ont 18 ans de boîte. Former son personnel c’est un bon investissement.

Niveau salaire, on peut gagner jusqu’à combien en fin de circuit ?

Y. L.P : (Rires) Je vais juste vous dire que pour que les gens soient à l’aise dans leur métier, il faut aussi qu’ils gagnent leur vie ! Donc quand j’ai un bon élément, je fais ce qu’il faut pour le garder !

Y-a t’il un profil qui se dégage parmi vos salariés ?

Y. L.P : Je dirais qu’il y a quand même 2 types de salariés chez Mc Do. Il y a ceux que je nommerai «le noyau dur» pour qui travailler chez Mc Do c’est un vrai travail. Et donc ils le prennent avec le sérieux et la rigueur nécessaire; Et puis il y a ceux que j’appellerai «les électrons libres» qui comme les premiers viennent pour les
besoins de la vie, mais pour eux c’est payer les vacances, le permis de conduire,
gagner de l’argent entre deux échéances et un peu pour les études… Les deux profils s’investissent chacun à leur manière. Même si on est très exigeant, on travaille dans de bonnes conditions parce que la meilleure façon d’obtenir des résultats c’est encore d’avoir une équipe qui a envie de travailler. C’est la politique de l’enseigne !

Equipiere

Votre statut de franchisé vous impose des normes et schémas stricts à respecter. Quand pouvez-vous y ajouter votre touche personnelle qui crée l’ambiance et l’identité interne d’une entreprise ?

Y. L.P : Il y a belle lurette que j’ai compris que pour avoir une équipe efficace, il fallait tout simplement qu’elle ait envie de travailler. Donc même si effectivement nous avons des normes imposées, je m’attache à ce que l’on travaille dans un bon climat. Je suis à l’écoute au quotidien et si j’ai à côté de moi des gens investis, je les aide autant que je peux.

Comment est organisé le réseau des franchisés ?

Y. L.P : C’est un système qui fonctionne de manière collégiale, on travaille en G.I.E. (Groupement d’Intérêt économique). On est 250 franchisés en france et il y en a environ 60 qui sont impliqués pour gérer le système. La publicité par exemple, tout le plan marketing c’est 10 franchisés complétés par 2 membres de la Compagnie qui décident de ce qui va se faire. La direction Marketing travaille et propose des plans qui sont acceptés ou non par le réseau. Ca marche comme ca !

Chaque franchisé s’implique dans ce système ?

Y. L.P : Oui, par exemple, pour les achats de matières premières, je suis impliqué depuis 8 ans aux achats et je suis depuis 1 an le Président National des achats pour les franchisés en France. Je siège également aux bancs de l’Europe et donc, si vous voulez parler du boeuf avec moi, je peux vous faire 3 heures sur l’histoire du boeuf en Europe ! On est complètement impliqués dans le système… je m’occupe de tous les achats de boeuf, de poulet, de pain, etc. On achète tout en commun.

Justement, parlons un peu du boeuf ! Que doit-on penser lorsque l’on entends dire que les steak de Mc Do sont fabriqués à base de vers alimentaire ?

Y. L.P : (Rires) Soyons clairs, Mc Do c’est pas de la gastronomie ! Mais je peux vous dire que nos ingrédients sont de top qualité. Notre steak haché c’est du muscle et du gras de boeuf. C’est tout !
Il y a 18% de matières grasses animales, le reste c’est du muscle !

Et pour les autres produits ?

Y. L.P : Pour les pommes de terre par exemple, on à 1 partenaire, c’est Mc Cain nous sommes en contrat avec des agriculteurs français qui revendent leur production à Mc Cain qui nous les revends. Tout le processus est suivi, c’est nous qui avons défini la variété à utiliser. Dès l’arrachage, tout est transmis pour être trié et calibré selon nos normes de sélection. Pour la salade c’est Bonduelle qui nous la fourni, le Coca est fabriqué sur place… tout est normé comme ça.

On ressent que le positionnement de l’enseigne a changé et se recentre autour de valeurs comme la diététique et de l’environnement. C’est une volonté de l’enseigne de casser l’image de «Mal-bouffe» du Mc Do ?

Y. L.P : Il y a 2 choses. Si on veut pérenniser notre business, il faut absolument que notre offre soit en phase avec les attentes du consommateur et elles ne sont plus les mêmes qu’il y à 10 ans. Aujourd’hui, la nutrition et l’écologie occupent une grande place dans les préoccupations des gens. On doit s’adapter à la société et en même temps, comme nous sommes assez significatif sur le marché, on a aussi un «devoir social». On essaye donc de tenir les objectifs commerciaux tout en jouant un rôle et en nous adaptant aux attentes de nos clients. On a donc une offre plus diversifiée, on fait des salades, des fruits à croquer, on a des yaourts… et puis c’est pas fini parce que l’année prochaine va voir naître de très beaux projets.

Quel regard portez vous sur votre principal concurrent «Quick» ?

Y. L.P : En france, il y a deux grandes marques sur le marché de la restauration rapide. Il y a Mc Do qui est le leader incontesté et Quick qui est challenger. Chez Quick ce sont des gens sérieux qui font sérieusement leur métier et qui vendent de bons produits. Après, c’est la compétition, chacun se bat !

Des bruits courent selon lesquels vous auriez de nouveaux projets d’implantation ?

Y. L.P : Quand on a décidé que c’était l’heure de s’implanter, on s’est questionné par rapport à la zone Nord de Sisteron et à la zone de Peipin. Très franchement, on a longtemps étudié tout ça… Finalement, on a décidé de venir à Peipin et dès l’instant où nous avons pris la décision de venir ici c’était fini pour le reste. Il est vrai que certaines rumeurs ont circulé à ce sujet, notamment suite à un article de presse qui à lancé le doute sur un deuxième Mc Do. Mais non, il n’y aura pas de deuxième Mc Do dans le coin !

Pour conclure ?

Y. L.P : Je dirai que nous sommes très content d’être venu sur cette zone. A titre plus personnel, je suis très heureux de travailler avec l’équipe qui «sévit» dans ce restaurant. C’est vraiment une équipe agréable et sympa, je suis très très content.

Hotesse Mc Donald

Aurélie Figuière
Hôtesse Mc Donald’s Peipin – 26 ans

Pourquoi avoir postulé chez Mc Do ?

A. F : Je travaillais comme vendeuse en boulangerie puis j’ai du arrêter pour cause de licenciement économique. Je cherchais donc un travail à proximité de chez moi et je savais qu’un restaurant devais s’ouvrir à Peipin. J’ai posé ma candidature à l’ANPE et 15 jours plus tard j’étais embauchée !

Tu n’avais pas d’apriori vis à vis de cette enseigne ?

A. F : (Rires) Si, bien sûr ! J’avais une certaine appréhension au départ, mais je savais aussi que je pourrai organiser mes horaires autour de ma vie de famille. Mais aujourd’hui, quand j’entends des gens se plaindre de leurs boulots, moi je me dit que je suis super bien dans ce travail là. Je me lève et je suis contente de venir travailler, j’y vais pas «la boule au ventre» et ca, c’est vraiment primordial pour moi.

Et l’entourage, comment a-t’il perçu ce nouveau job ?

A. F : Au début c’était mitigé ! L’entourage paraissait assez inquiet que je rentre dans ce circuit. Travailler chez Mc Do est presque synonyme de «galère», c’est assimilé à un job d’appoint…
Mais je crois qu’il faut vraiment travailler dans l’entreprise pour comprendre. On a pas de pression particulière, mes horaires ont été définis par avance selon mes disponibilités.

Comment s’est déroulé ton 1er jour de travail ?

A. F : La première journée c’est exclusivement de la formation, on visionne une vidéo sur l’hygiène et la sécurité alimentaire et le Manager nous prends en charge le reste de la journée. On est formé poste par poste, d’abord la caisse puis l’assemblage des produits… Il faut le temps de bien assimiler chaque poste. La 1ère journée reste quand même stressante !
Après on apprends surtout à gagner en rapidité. Il y a une tolérance quand même et on a pas de pression exagérée, si t’es un peu «speed» à la base ca va tout seul !

Comment s’organise la hiérarchie, est-il facile de «grimper» les échelons ?

A. F : Ca commence par les équipiers, après on a les Chefs d’équipe et les Hôtesse puis les Managers et enfin le Directeur. Pour les promotions, ce sont les Managers qui repèrent les bons éléments et qui leurs proposent de l’avancement. On a des évaluations tous les 3 mois sur les sujets d’hygiène et de sécurité alimentaire.

Professionnellement, ca te donne des idées ?

A. F : Honnêtement, à la fin de la première semaine de travail j’ai eu envie de «monter» dans cette boîte. Ca m’a donné la niaque de grimper ! Et en plus ca peut être rapide ! Avant j’étais une «petite vendeuse» en boulangerie et aujourd’hui, je suis hôtesse à Mc Do. J’ai de vraies responsabilités au niveau des clients, des enfants lors des anniversaires… Ici, même si on est jeune et sans expérience, on a une vraie place dans l’entreprise…

En conclusion, même vis à vis des employés c’est : «Venez comme vous êtes» ?

A. F : (Rires) C’est tout à fait ça ! Vraiment… et j’ai envie de dire à tous ceux qui on envie de tenter l’expérience : venez !

Par Marion Labourdenne