Les crèches enfantines

Les crèches enfantines

Par Brigitte Illy

Crèches enfantines
Dans la vallée du Jabron, c’est celle des «P’tits loups», à Château-Arnoux – Saint-Auban, celle des «P’tits plus», au «Claire de Lune» à Sisteron, on y accueille les «crevettes», les «pingouins» ou les «hypocampes». Toutes sont des structures créées pour la garde des tout-petits du département. Qu’elles soient de type associatives parentales comme celle de Noyers sur Jabron ou de Château-Arnoux ou municipales comme la halte garderie, la mini-crèche ou la crèche familiale de Sisteron, les enfants y sont accueillis dans un milieu parfaitement adapté, encadrés par un personnel diplômé.

Différents types de structures

Il existe 2 grands types de crèches: les crèches collectives, gérées par les mairies ou les départements et les crèches parentales, gérées par une association de parents, aidés par des professionnels de la petite enfance rémunérés par l’association.
Pour s’y inscrire, il faut contacter soit la mairie pour les crèches municipales, soit l’association gestionnaire pour les crèches parentales.
A Sisteron, la mini-crèche municipale, dirigée par Christine Nal, dispose de 6 lits pour les enfants de 3 mois à 3 ans résidant ou non sur la commune.
Les gardiennes agréées de la crèche familiale dirigée par Ghislaine Ortega, reçoivent à leur domicile les enfants de 3 mois à 6 ans. Quand à la halte garderie, elle accueille les enfants de 3 mois à 6 ans qui résident ou non sur la commune.
Afin de coordonner ces 3 structures, la municipalité a créé un pôle «petite enfance», rue Raoul Bouchet dont l’objectif est de répondre au coup par coup aux demandes toujours croissantes des parents.

Une demande toujours croissante

Des demandes auxquelles ne peuvent répondre toutes les communes et qui ont amené les parents à se regrouper pour trouver une solution.
Crèche SisteronAfin de pallier le manque de structures d’accueil, ces derniers ont décidé d’ouvrir leur propre crèche de type associative. C’est le cas de celle des «P’tits Plus» à Château- Arnoux, créée il y a 20 ans (voir interview) ou de celle des «P’tits loups de la vallée» à Noyers-sur-Jabron.
Cette dernière accueille les enfants de 2 mois et demi jusqu’à 6 ans, venant des 6 communes de la vallée.
Créée en 2003 et ouverte en 2006, elle dispose d’un agrément «modulable» et emploie 7 salariés sous contrats aidés mais les parents sont tenus de venir effectuer
des heures de permanence et d’apporter les repas de leurs enfants.
Elle est en partie subventionnée par la Caisse d’Allocation Familiale et le Conseil Régional. La Communauté de Communes de la Vallée-du-Jabron leur apporte un fort soutien.
Si nombre de ces structures parviennent à se maintenir à flot et à faire face aux contraintes imposées par la nouvelle Convention : responsabilité accrue donnée à ses membres et obligation aux parents de participer à hauteur de 20% du temps.
D’autres ne doivent leur survie qu’à la reprise de leur structure par les municipalités.
C’est le cas de «Clair de Lune» à Sisteron, municipalisée fin 2008, après 7 années de fonctionnement. Une véritable opération sauvetage, décidée par la mairie qui ne voulait pas laisser la crèche fermer ses portes du jour au lendemain et laisser les familles sans moyen de garde. Aux dires de ses créatrices, “sans cette reprise, il y aurait eu
dissolution de la crèche“ qui permettait l’accueil de 15 enfants. La formule micro-crèche est une autre réponse de proximité.
Bien insouciants des tracasseries administratives auxquelles doivent faire face leurs «nounous» et «taties», les «P’Tits loups», les «P’Tits plus» et tous leurs petits compagnons coulent des jours heureux dans un décor peuplé de coccinelles et de papillons, dans un cadre familial proche de la nature et qu’il serait bien dommage de voir
disparaître.

Renato DONATI
Directeur / éducateur de jeunes enfants

Pouvez-vous nous expliquer les origines de la création de la crèche des "P’tits loups" ?

Creche Alpes de Haute ProvenceRenato Donati : A l’époque, il n’y avait pas de structure d’accueil sur la commune.
Dans les zones rurales, l’idée des crèches n’était pas dans l’air du temps. On a donc rencontré des familles pour mettre ce projet sur pieds.
Au début, personne n’y croyait. Il nous a fallu 3 ans de démarches administratives pour voir aboutir ce projet et obtenir l’agrément.

Aujourd’hui, peut-on dire que cette initiative est un succès ?

R. Donati : Les chiffres parlent d’euxmêmes.
Nous accueillons 92 familles à l’année et 10 sont sur une liste d’attente.
Nous avons obtenu l’agrément pour 25 enfants, c’est le maximum autorisé en crèches parentales.
Il faut savoir que la Protection Maternelle et Infantile n’accorde cet agrément qu’après une étude de besoins et, ici, le besoin était grand. De plus, nous avons aussi un agrément à 17 enfants pour l’accueil périscolaire des enfants jusqu’à 5 ans.

Diriez-vous que vous êtes une sorte de mini-entreprise ?

R. Donati : C’est un peu cela. La crèche emploie 11 personnes dont 6 en CDI (Contrat à Durée Indéterminée). A mes côtés et aux côtés de la co-responsable, nous avons 2 auxiliaires puéricultrices, 2 animatrices petite enfance détentrices du CAP et enfin un agent d’entretien en CDI. Notre employeur est constitué de parents qui siègent aussi au Conseil d’Administration. Dans les crèches parentales, généralement, les parents s’investissent, ici, ils ne s’occupent que de la gestion. Sauf, en cas de crise où tout le monde monte sur le pont. C’est un choix et les parents y trouvent leur compte.

Le témoignage 2 responsables des "P’Tits loups de la vallée"

Quelles ont été pour vous, les conséquences de la nouvelle convention sur les crèches parentales et qu’est-ce que cela a changé ?

Association Les Petits Loups de la Vallée : Du fait de la réévaluation des salaires à la hausse, on va devoir travailler avec un trou financier . Heureusement, nous sommes en très bonne relation avec la municipalité qui nous viendra en aide dans le cas où le besoin se ferait sentir. Nous avons la chance d’être soutenus par la Communauté de Communes de la Vallée-du-Jabron (CCVJ).

Quel a été votre parcours entre l’idée d’une crèche et sa réalisation ?Les crèches enfantines

A.P.L.V : On a mis 3 ans pour pouvoir ouvrir les portes de la crèche dans ces bâtiments construits, aménagés et mis à notre disposition par la CCVJ. L’idée nous est venue suite au constat du manque de structures sur la vallée où n’exerçait qu’une seule nourrice agréée. Nous disposons d’un agrément modulable jusqu’à 15 places et 12 le mercredi.
On a commencé petit car nous sommes une vallée au coeur de laquelle les gens ont du mal à accepter de faire garder leurs enfants. La confiance s’est instaurée peu à peu.

Aujourd’hui, 3 ans après sa mise en fonction, quel bilan pouvez-vous dresser ?

A.P.L.V : Aujourd’hui, notre bureau compte 9 parents, tous bénévoles et 7 salariés. Notre "mini entreprise" a débuté avec des contrats aidés passés en CDI et nous avons pu pérenniser 5 contrats. Du côté des demandes, celles- ci sont de plus en plus croissantes car beaucoup de jeunes couples s’installent par ici.

Quelles sont vos attentes ?

A.P.L.V : Malgré les demandes nombreuses, il faut pouvoir gérer les fluctuations et ne pas surévaluer les besoins lors des demandes d’agréments qui sont le gagne pain de la crèche. Il faudrait plus de financement et notamment de la part de l’Etat.

Par Brigitte Illy

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