Les coulisses de Télé Locale Provence

 

Les coulisses de Télé Locale Provence

www.tlp.fr

Par M. Labourdenne

TLP - Télé Locale Provence Manosque

Jazette s’est rendue dans les coulisses de cette SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif ), présidée par Gérard Baumel et située à Céreste*, pour vous faire découvrir le fonctionnement de cette chaîne locale qui tend à se développer sur une plus large zone. Nous avons rencontré quelques membres de l’équipe qui nous ont ouvert les portes de cet univers audiovisuel pour nous faire découvrir leurs métiers. Retrouvez l’équipe au complet sur www.tlp.fr et découvrez les nombreux programmes qui nous sont proposés par cette télé locale que l’on attend avec impatience sur nos petits et grands écrans.

Mathieu SIMONET

Numérisateur/Programmateur

Tele Locale Provence - Télévision locale en Provence

Depuis combien de temps travaillez vous à TLP, quel est votre parcours ?

M. Simonet : Cela fait maintenant un an que je travaille à TLP. Rien ne me prédestinait à travailler dans l’audiovisuel puisque j’ai fait un BTS Action Commerciale à Manosque. Aujourd’hui mes connaissances informatiques sont déterminantes pour mon travail.

En quoi consiste votre travail quotidien ?

M. Simonet : Mon travail consiste à faire en sorte que les émissions soient diffusées. Les monteurs me donnent leurs images, je traite ensuite le son et programme l’ordinateur qui diffusera tout cela à l’antenne. J’envoie ces mêmes émissions sur notre site internet. Je réalise aussi les émissions ICI et DE VISU en plateau, je prépare les décors et le placement des invités. J’installe les micros et les caméras reliés à la régie par ordinateur.

Qu’est-ce qu’une régie ?

M. Simonet : C’est l’endroit où l’on récupère les images des différentes caméras placées en plateau. Le son est également récupéré ici. C’est un mur d’écrans qui me permet de voir toutes les caméras simultanément. Lors d’enregistrements d’émissions, je choisis en direct les plans qui m’intéressent.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

M. Simonet : Une chose importante à mes yeux est que le résultat de mon travail est immédiatement visible. Cela donne une pression positive quotidienne. Chaque nouvelle semaine est comme un nouveau challenge à relever pour moi.

Pierre-Paul GIUDICELLI

Producteur / Réalisateur

Télé Locale Provence - Pierre-Paul GIUDICELLI

Que faisiez-vous avant de travailler pour TLP ?

Pierre-Paul Guiudicelli : J’ai eu ma «boîte» de production pendant huit ans à Manosque, elle s’appelait Vista Production et je faisait beaucoup de films d’entreprises, des mariages… Ensuite j’ai arrêté pour travailler comme monteur intermittent à Paris une semaine sur deux jusqu’à ce que je rejoigne TLP il y a quatre ou cinq ans. J’y suis quasiment depuis le début et c’est une belle aventure. Au-delà du fait de faire son boulot chaque jour, on participe à construire une télévision de proximité. C’est un vrai plaisir pour moi de travailler sur une petite zone, les gens s’approprient cette télé, ils s’y voient et y voient leurs amis, etc. Il y a une vraie proximité.

Télé Locale Provence

Quel est votre rôle dans l’équipe ?

P. P Guiudicelli : Je suis réalisateur, mais dans nos petites contrées reculées et contrairement au grandes métropoles où il faut être très très spécialisé, ici, il faut être très très polyvalent !

En quoi consiste le métier de réalisateur ?

P. P Guiudicelli : C’est la personne qui a une vue d’ensemble du film, qui le conçoit, l’écrit, assiste au tournage, au montage et qui en signe la réalisation.

Qu’est-ce que vous aimez en particulier dans ce métier ?

P. P Guiudicelli : Je m’occupe aussi de la réalisation des films d’entreprises pour TLP. Je travaille par exemple sur une série d’émissions au sujet d’ITER International, c’est forcément passionnant ! J’aime beaucoup vulgariser l’information, surtout lorsqu’il s’agit d’expliquer au plus grand nombre des éléments physiquement très complexes.

Sébastien GALAUP

Directeur des programmes / Présentateur

Télé Locale Provence Manosque

En quoi consiste le métier de Directeur des Programmes ?

Sébastien Galaup : D’abord, il y a une partie artistique qui consiste à choisir les bons programmes et envisager ce que peuvent aimer les téléspectateurs. Il faut essayer d’avoir du nez pour savoir quels programmes vont marcher, ça c’est une grosse partie du travail. Le deuxième volet est plus réglementaire, c’est à dire qu’il faut être responsable du fait que les programmes soient bien en adéquation avec la loi et les différentes réglementations. Il y a des lois sur les libertés individuelles,les temps de paroles, il faut veiller à la bonne utilisation de l’image des individus, etc. La T.v est une activité très encadrée, par le CSA notamment.

Quels rapports entretenez-vous avec le C.S.A ?

S. Galaup : On pourrait penser que ce sont un peu les «gendarmes» qui vont nous sanctionner si on fait des écarts à la réglementation, mais il y a aussi une mission de conseil, surtout envers les télévisions locales ou de moyenne envergure. On a d’ailleurs un référent au CSA, comme toutes les autres chaînes, et nous pouvons le contacter pour des questions juridiques ou de déontologie. On a également des obligations. Nous devons garder 4 semaines d’archives complètes et chaque année, en mars, nous leur remettons un rapport d’activité qui rend compte de tout ce que nous avons fait en terme de programmes.

Quelle est l’identité de votre chaîne ?

S. Galaup : TLP est une chaîne de proximité. Notre zone de diffusion étant petite, nous avons la possibilité de connaître nos téléspectateurs et de créer un lien étroit avec eux. C’est un échange permanent, ils nous apportent des sujets et on les retrouve dans nos reportages : ce sont les acteurs de leur chaîne. On a presque autant de correspondants que de téléspectateurs ! On apporte aussi quelque chose qui a été un peu abandonné par la télévision dite publique, c’est la mission de service que l’on remplit. Informer les habitants de ce qui se passe sur le territoire, les informations pratiques, l’explication du fonctionnement de la démocratie locale, comment fonctionne un Conseil Municipal, à quoi sert le Conseil Général… C’est très important pour nous de faire cela. TLP c’est la réciprocité avec le public et la mission de service public.

Quelle est l’importance des mesures d’audiences réalisées par Médiamétrie ?

S. Galaup : C’est important d’une part parce que si on fait de la TV c’est pour être regardé ! Et puis ça nous rassure ou ça nous fait douter selon les résultats Médiamétrie. Ce qui est un peu aberrant à ce sujet c’est qu’une seule société en France, qui est Médiamétrie, soit habilitée à réaliser ce type de sondages. On reste un peu dubitatifs sur l’objectivité d’un tel processus. Alors, ensuite, si les résultats sont «bons», cela nous permet d’entrer dans un système qui est une chance pour nous. En fonction du pourcentage que nous obtenons sur le potentiel de téléspectateurs que nous avons, nous allons avoir un bon ou un mauvais point. Si c’est un bon point, et bien nous aurons une belle image auprès de la régie publicitaire de TF1 qui à partir d’un certain pourcentage va nous proposer de la publicité. Pour nous, c’est aller décrocher un ticket d’entrée pour une place au Paradis ! Si TF1 injecte de la publicité sur TLP, on aura un budget garanti pour construire des programmes. Cela supprime aussi tout le travail de commercialisation des espaces publicitaires et leur réalisation car tout arriverai prêt à être diffusé de la régie de TF1.

Comment procède Médiamétrie pour calculer vos audiences ?

S. Galaup : Très franchement, on ne le sait pas ! Un reportage a récemment pointé du doigt la méthodologie de Médiamétrie. D’après eux, ils appelleraient les gens pour leur poser des questions et installent chez eux des boîtiers, sortes de mouchards de leurs façons de consommer les programmes télévisés. Médiamétrie a été critiqué sur le panel qui était trop restreint. Tous les jours, les résultats Médiamétrie qui tombaient dans les rédactions de télévisions étaient basés sur un panel de 1000 personnes ! Suite à cela, ils ont annoncé qu’ils allaient changer de méthodologie mais je ne la connais pas. C’est un système très commercial. Il faut payer environ 16 000 € pour obtenir cette étude et en général, les premiers résultats vont être au plus bas. Aucune chaîne locale n’a eu un bon Médiamétrie dès le début. Ensuite comme on en a besoin on va repayer jusqu’à ce qu’on nous injecte de la publicité.

Quelle réponse adressez-vous à ce fonctionnement ?

S. Galaup : C’est le système, c’est comme ça ! Mais ça nous tiens aussi en bonne santé de devoir faire tous les jours des efforts pour être regardé. C’est tout de même une pression qui est salutaire pour l’équipe. Ce fonctionnement est à l’image de la France : très centralisé, très parisien. Comme toujours et particulièrement dans le milieu de l’audiovisuel, on a l’impression qu’il n’y a que les gens qui ont l’accent pointu qui disent la vérité ! Il faut qu’on soit un peu les maquisards de la télévision locale, la télé était régionale à l’origine et les parisiens nous l’on ensuite piquée pour nous la resservir derrière. Il faut que les médias et les télévisions régionales que nous sommes se soulèvent un peu contre ça, c’est salutaire pour nous. On en a marre, les régions et les localités ont une place sérieuse à prendre à la télévision, on a des choses à dire et à montrer qui nous semblent plus intéressantes que certains programmes nationaux. De plus il n’existe pas de vraie identité locale sur les chaînes régionales.

Votre zone de diffusion va s’étendre courant 2009, comment allez-vous gérer ce développement ?

S. Galaup : On va devoir sortir un peu de ce côté «famille» qu’on a crée dans l’équipe. Nous allons avoir une zone de diffusion beaucoup plus grande et il va falloir se structurer si l’on veut continuer à répondre à l’exigence d’ultra proximité qu’ont les gens. Il va falloir couvrir techniquement la nouvelle zone accordée par le CSA et mettre en place des équipes capables de proposer un contenu propre à ces nouvelles zones. On va d’abord exister un temps avec le contenu actuel qui comporte déjà des émissions aux couleurs de ces nouvelles zones comme «Le Sisteronais vous ouvre ses portes» présenté par Chris Alessandri, un de nos animateurs. On trouvera ensuite de nouveaux partenaires et les programmes seront articulés comme suit : un tronc commun avec des émissions qui ont une valeur éditoriale régionale et ensuite des décrochages locaux sur Sisteron, Gap, Avignon… Avec la technique que l’on a mis en place, on a la possibilité d’avoir des zones de diffusion différenciées, on attend que le CSA nous autorise à aller sur une échelle régionale car pour le moment c’est chasse gardée de France Télévision !

Julien GUERY

Directeur adjoint / Journaliste Reporter D’image (JRI) / Monteur

Télé Locale Provence

Comment se crée un programme ?

Julien Guéry : On fonctionne le plus souvent en partenariat avec les communes, on a des contrats d’objectifs. Ensuite je vais sur le terrain, soit il y a un présentateur avec moi, soit je gère l’émission tout seul. En temps que JRI, je peux tout faire : l’interview, le tournage, le montage et la rédaction des commentaires pour les voix «off» de certains reportages. Ensuite, on présente le reportage aux commanditaires, on fait quelques modifications si besoin et c’est programmé. On traite aussi beaucoup de sujets sur l’actualité, les téléspectateurs nous envoient leurs infos, dates, événements…

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

J. Guéry : J’aime beaucoup le montage, mais ce qui est génial en télé locale c’est qu’on peut toucher à tout. C’est beaucoup plus intéressant que d’être cantonné à un secteur en particulier. Même si je m’éclate dans le montage, je suis bien content de pouvoir aller sur le terrain toute l’année, de rencontrer des gens… La proximité nous permet d’avoir un retour direct. On s’aperçoit que les gens ont regardés TLP, c’est forcément encourageant !

Votre diffusion va s’étendre, comment cela va-t-il se passer techniquement ?

J. Guéry : Le CSA nous a accordé l’autorisation d’émettre en TNT (Télévision Numérique Terrestre) vers Sisteron. Il faut d’abord mettre en place le pylône émetteur. On travaille avec TDF (Télé Diffusion de France) pour la TNT et pour l’instant, on a un émetteur à Villemus pour Manosque et un relais sur Forcalquier. Il faut maintenant acheminer le signal jusqu’à Sisteron, Oraison, Château-Arnoux, Malijai… On va respirer un peu ! Cette autorisation va nous permettre d’évoluer. Les acteurs locaux sont en attente de notre arrivée dans ce secteur, on va avoir une sacrée population à conquérir !

Que fait le CSA ? Conseil supérieur de l’audiovisuel

  • Il nomme les présidents des télévisions et des radios publiques.
  • Il délivre des autorisations aux stations de radio, aux télévisions locales, aux chaînes de télévisions diffusées par câble, satellite, internet, ADSL, etc.
  • Il rend des avis au gouvernement sur les projets de loi et de décrets qui concernent l’audiovisuel.
  • Il gère et attribue les fréquences destinées à la radio et à la télévision.
  • Il gère les problèmes de réception que peuvent rencontrer les auditeurs et les téléspectateurs.
  • Il veille au respect du pluralisme politique et syndical sur les antennes.
  • Il organise les campagnes officielles radiotélévisées des différentes élections.
  • Il s’assure du respect par tous les diffuseurs des lois et de la réglementation en vigueur.
  • Il peut sanctionner une station de radio ou une chaîne de télévision qui ne respecte pas la réglementation.

Médiamétrie

Médiamétrie est une Société Anonyme interprofessionnelle Française qui a été créée en juin 1985 et qui est spécialisée dans la mesure d’audience des médias audiovisuels et interactifs. La naissance de Médiamétrie intervient dans un contexte de mutation du paysage audiovisuel français sans précédent (naissance de Canal+, La Cinq, TV6). Par ailleurs la radio voit l’apparition des premières grandes radios privées avec la privatisation d’Europe 1 et la montée en puissance de NRJ. Médiamétrie est donc créée pour répondre à la volonté commune de tous les acteurs du secteur (médias, annonceurs, agences) d’avoir à la fois une mesure scientifique, indépendante et reconnue par l’ensemble de la profession. La société depuis les années 2000 a élargi ses activités à internet et aux nouveaux médias. Plus d’infos : www.mediametrie.fr

Par M. Labourdenne

*Complément d’article  TLP

En 2010, TLP quitte Céreste pour déménager à Manosque et la gérance est reprise par Michel VITELLI, ancien PDG d’Astriane.

La diffusion passe par le satellite depuis la fin d’année 2010 et début 2011 Télé Locale Provence passe sur la TNT (chaine 21) , le bouquet Orange (chaine 243), SFR…

Pour finir, TLP inaugure ses nouveaux locaux à Sisteron le vendredi 3  juin 2011.