Les crèches enfantines

Les crèches enfantines

Par Brigitte Illy

Crèches enfantines
Dans la vallée du Jabron, c’est celle des «P’tits loups», à Château-Arnoux – Saint-Auban, celle des «P’tits plus», au «Claire de Lune» à Sisteron, on y accueille les «crevettes», les «pingouins» ou les «hypocampes». Toutes sont des structures créées pour la garde des tout-petits du département. Qu’elles soient de type associatives parentales comme celle de Noyers sur Jabron ou de Château-Arnoux ou municipales comme la halte garderie, la mini-crèche ou la crèche familiale de Sisteron, les enfants y sont accueillis dans un milieu parfaitement adapté, encadrés par un personnel diplômé.

Différents types de structures

Il existe 2 grands types de crèches: les crèches collectives, gérées par les mairies ou les départements et les crèches parentales, gérées par une association de parents, aidés par des professionnels de la petite enfance rémunérés par l’association.
Pour s’y inscrire, il faut contacter soit la mairie pour les crèches municipales, soit l’association gestionnaire pour les crèches parentales.
A Sisteron, la mini-crèche municipale, dirigée par Christine Nal, dispose de 6 lits pour les enfants de 3 mois à 3 ans résidant ou non sur la commune.
Les gardiennes agréées de la crèche familiale dirigée par Ghislaine Ortega, reçoivent à leur domicile les enfants de 3 mois à 6 ans. Quand à la halte garderie, elle accueille les enfants de 3 mois à 6 ans qui résident ou non sur la commune.
Afin de coordonner ces 3 structures, la municipalité a créé un pôle «petite enfance», rue Raoul Bouchet dont l’objectif est de répondre au coup par coup aux demandes toujours croissantes des parents.

Une demande toujours croissante

Des demandes auxquelles ne peuvent répondre toutes les communes et qui ont amené les parents à se regrouper pour trouver une solution.
Crèche SisteronAfin de pallier le manque de structures d’accueil, ces derniers ont décidé d’ouvrir leur propre crèche de type associative. C’est le cas de celle des «P’tits Plus» à Château- Arnoux, créée il y a 20 ans (voir interview) ou de celle des «P’tits loups de la vallée» à Noyers-sur-Jabron.
Cette dernière accueille les enfants de 2 mois et demi jusqu’à 6 ans, venant des 6 communes de la vallée.
Créée en 2003 et ouverte en 2006, elle dispose d’un agrément «modulable» et emploie 7 salariés sous contrats aidés mais les parents sont tenus de venir effectuer
des heures de permanence et d’apporter les repas de leurs enfants.
Elle est en partie subventionnée par la Caisse d’Allocation Familiale et le Conseil Régional. La Communauté de Communes de la Vallée-du-Jabron leur apporte un fort soutien.
Si nombre de ces structures parviennent à se maintenir à flot et à faire face aux contraintes imposées par la nouvelle Convention : responsabilité accrue donnée à ses membres et obligation aux parents de participer à hauteur de 20% du temps.
D’autres ne doivent leur survie qu’à la reprise de leur structure par les municipalités.
C’est le cas de «Clair de Lune» à Sisteron, municipalisée fin 2008, après 7 années de fonctionnement. Une véritable opération sauvetage, décidée par la mairie qui ne voulait pas laisser la crèche fermer ses portes du jour au lendemain et laisser les familles sans moyen de garde. Aux dires de ses créatrices, “sans cette reprise, il y aurait eu
dissolution de la crèche“ qui permettait l’accueil de 15 enfants. La formule micro-crèche est une autre réponse de proximité.
Bien insouciants des tracasseries administratives auxquelles doivent faire face leurs «nounous» et «taties», les «P’Tits loups», les «P’Tits plus» et tous leurs petits compagnons coulent des jours heureux dans un décor peuplé de coccinelles et de papillons, dans un cadre familial proche de la nature et qu’il serait bien dommage de voir
disparaître.

Renato DONATI
Directeur / éducateur de jeunes enfants

Pouvez-vous nous expliquer les origines de la création de la crèche des "P’tits loups" ?

Creche Alpes de Haute ProvenceRenato Donati : A l’époque, il n’y avait pas de structure d’accueil sur la commune.
Dans les zones rurales, l’idée des crèches n’était pas dans l’air du temps. On a donc rencontré des familles pour mettre ce projet sur pieds.
Au début, personne n’y croyait. Il nous a fallu 3 ans de démarches administratives pour voir aboutir ce projet et obtenir l’agrément.

Aujourd’hui, peut-on dire que cette initiative est un succès ?

R. Donati : Les chiffres parlent d’euxmêmes.
Nous accueillons 92 familles à l’année et 10 sont sur une liste d’attente.
Nous avons obtenu l’agrément pour 25 enfants, c’est le maximum autorisé en crèches parentales.
Il faut savoir que la Protection Maternelle et Infantile n’accorde cet agrément qu’après une étude de besoins et, ici, le besoin était grand. De plus, nous avons aussi un agrément à 17 enfants pour l’accueil périscolaire des enfants jusqu’à 5 ans.

Diriez-vous que vous êtes une sorte de mini-entreprise ?

R. Donati : C’est un peu cela. La crèche emploie 11 personnes dont 6 en CDI (Contrat à Durée Indéterminée). A mes côtés et aux côtés de la co-responsable, nous avons 2 auxiliaires puéricultrices, 2 animatrices petite enfance détentrices du CAP et enfin un agent d’entretien en CDI. Notre employeur est constitué de parents qui siègent aussi au Conseil d’Administration. Dans les crèches parentales, généralement, les parents s’investissent, ici, ils ne s’occupent que de la gestion. Sauf, en cas de crise où tout le monde monte sur le pont. C’est un choix et les parents y trouvent leur compte.

Le témoignage 2 responsables des "P’Tits loups de la vallée"

Quelles ont été pour vous, les conséquences de la nouvelle convention sur les crèches parentales et qu’est-ce que cela a changé ?

Association Les Petits Loups de la Vallée : Du fait de la réévaluation des salaires à la hausse, on va devoir travailler avec un trou financier . Heureusement, nous sommes en très bonne relation avec la municipalité qui nous viendra en aide dans le cas où le besoin se ferait sentir. Nous avons la chance d’être soutenus par la Communauté de Communes de la Vallée-du-Jabron (CCVJ).

Quel a été votre parcours entre l’idée d’une crèche et sa réalisation ?Les crèches enfantines

A.P.L.V : On a mis 3 ans pour pouvoir ouvrir les portes de la crèche dans ces bâtiments construits, aménagés et mis à notre disposition par la CCVJ. L’idée nous est venue suite au constat du manque de structures sur la vallée où n’exerçait qu’une seule nourrice agréée. Nous disposons d’un agrément modulable jusqu’à 15 places et 12 le mercredi.
On a commencé petit car nous sommes une vallée au coeur de laquelle les gens ont du mal à accepter de faire garder leurs enfants. La confiance s’est instaurée peu à peu.

Aujourd’hui, 3 ans après sa mise en fonction, quel bilan pouvez-vous dresser ?

A.P.L.V : Aujourd’hui, notre bureau compte 9 parents, tous bénévoles et 7 salariés. Notre "mini entreprise" a débuté avec des contrats aidés passés en CDI et nous avons pu pérenniser 5 contrats. Du côté des demandes, celles- ci sont de plus en plus croissantes car beaucoup de jeunes couples s’installent par ici.

Quelles sont vos attentes ?

A.P.L.V : Malgré les demandes nombreuses, il faut pouvoir gérer les fluctuations et ne pas surévaluer les besoins lors des demandes d’agréments qui sont le gagne pain de la crèche. Il faudrait plus de financement et notamment de la part de l’Etat.

Par Brigitte Illy

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Les coulisses de Télé Locale Provence

 

Les coulisses de Télé Locale Provence

www.tlp.fr

Par M. Labourdenne

TLP - Télé Locale Provence Manosque

Jazette s’est rendue dans les coulisses de cette SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif ), présidée par Gérard Baumel et située à Céreste*, pour vous faire découvrir le fonctionnement de cette chaîne locale qui tend à se développer sur une plus large zone. Nous avons rencontré quelques membres de l’équipe qui nous ont ouvert les portes de cet univers audiovisuel pour nous faire découvrir leurs métiers. Retrouvez l’équipe au complet sur www.tlp.fr et découvrez les nombreux programmes qui nous sont proposés par cette télé locale que l’on attend avec impatience sur nos petits et grands écrans.

Mathieu SIMONET

Numérisateur/Programmateur

Tele Locale Provence - Télévision locale en Provence

Depuis combien de temps travaillez vous à TLP, quel est votre parcours ?

M. Simonet : Cela fait maintenant un an que je travaille à TLP. Rien ne me prédestinait à travailler dans l’audiovisuel puisque j’ai fait un BTS Action Commerciale à Manosque. Aujourd’hui mes connaissances informatiques sont déterminantes pour mon travail.

En quoi consiste votre travail quotidien ?

M. Simonet : Mon travail consiste à faire en sorte que les émissions soient diffusées. Les monteurs me donnent leurs images, je traite ensuite le son et programme l’ordinateur qui diffusera tout cela à l’antenne. J’envoie ces mêmes émissions sur notre site internet. Je réalise aussi les émissions ICI et DE VISU en plateau, je prépare les décors et le placement des invités. J’installe les micros et les caméras reliés à la régie par ordinateur.

Qu’est-ce qu’une régie ?

M. Simonet : C’est l’endroit où l’on récupère les images des différentes caméras placées en plateau. Le son est également récupéré ici. C’est un mur d’écrans qui me permet de voir toutes les caméras simultanément. Lors d’enregistrements d’émissions, je choisis en direct les plans qui m’intéressent.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

M. Simonet : Une chose importante à mes yeux est que le résultat de mon travail est immédiatement visible. Cela donne une pression positive quotidienne. Chaque nouvelle semaine est comme un nouveau challenge à relever pour moi.

Pierre-Paul GIUDICELLI

Producteur / Réalisateur

Télé Locale Provence - Pierre-Paul GIUDICELLI

Que faisiez-vous avant de travailler pour TLP ?

Pierre-Paul Guiudicelli : J’ai eu ma «boîte» de production pendant huit ans à Manosque, elle s’appelait Vista Production et je faisait beaucoup de films d’entreprises, des mariages… Ensuite j’ai arrêté pour travailler comme monteur intermittent à Paris une semaine sur deux jusqu’à ce que je rejoigne TLP il y a quatre ou cinq ans. J’y suis quasiment depuis le début et c’est une belle aventure. Au-delà du fait de faire son boulot chaque jour, on participe à construire une télévision de proximité. C’est un vrai plaisir pour moi de travailler sur une petite zone, les gens s’approprient cette télé, ils s’y voient et y voient leurs amis, etc. Il y a une vraie proximité.

Télé Locale Provence

Quel est votre rôle dans l’équipe ?

P. P Guiudicelli : Je suis réalisateur, mais dans nos petites contrées reculées et contrairement au grandes métropoles où il faut être très très spécialisé, ici, il faut être très très polyvalent !

En quoi consiste le métier de réalisateur ?

P. P Guiudicelli : C’est la personne qui a une vue d’ensemble du film, qui le conçoit, l’écrit, assiste au tournage, au montage et qui en signe la réalisation.

Qu’est-ce que vous aimez en particulier dans ce métier ?

P. P Guiudicelli : Je m’occupe aussi de la réalisation des films d’entreprises pour TLP. Je travaille par exemple sur une série d’émissions au sujet d’ITER International, c’est forcément passionnant ! J’aime beaucoup vulgariser l’information, surtout lorsqu’il s’agit d’expliquer au plus grand nombre des éléments physiquement très complexes.

Sébastien GALAUP

Directeur des programmes / Présentateur

Télé Locale Provence Manosque

En quoi consiste le métier de Directeur des Programmes ?

Sébastien Galaup : D’abord, il y a une partie artistique qui consiste à choisir les bons programmes et envisager ce que peuvent aimer les téléspectateurs. Il faut essayer d’avoir du nez pour savoir quels programmes vont marcher, ça c’est une grosse partie du travail. Le deuxième volet est plus réglementaire, c’est à dire qu’il faut être responsable du fait que les programmes soient bien en adéquation avec la loi et les différentes réglementations. Il y a des lois sur les libertés individuelles,les temps de paroles, il faut veiller à la bonne utilisation de l’image des individus, etc. La T.v est une activité très encadrée, par le CSA notamment.

Quels rapports entretenez-vous avec le C.S.A ?

S. Galaup : On pourrait penser que ce sont un peu les «gendarmes» qui vont nous sanctionner si on fait des écarts à la réglementation, mais il y a aussi une mission de conseil, surtout envers les télévisions locales ou de moyenne envergure. On a d’ailleurs un référent au CSA, comme toutes les autres chaînes, et nous pouvons le contacter pour des questions juridiques ou de déontologie. On a également des obligations. Nous devons garder 4 semaines d’archives complètes et chaque année, en mars, nous leur remettons un rapport d’activité qui rend compte de tout ce que nous avons fait en terme de programmes.

Quelle est l’identité de votre chaîne ?

S. Galaup : TLP est une chaîne de proximité. Notre zone de diffusion étant petite, nous avons la possibilité de connaître nos téléspectateurs et de créer un lien étroit avec eux. C’est un échange permanent, ils nous apportent des sujets et on les retrouve dans nos reportages : ce sont les acteurs de leur chaîne. On a presque autant de correspondants que de téléspectateurs ! On apporte aussi quelque chose qui a été un peu abandonné par la télévision dite publique, c’est la mission de service que l’on remplit. Informer les habitants de ce qui se passe sur le territoire, les informations pratiques, l’explication du fonctionnement de la démocratie locale, comment fonctionne un Conseil Municipal, à quoi sert le Conseil Général… C’est très important pour nous de faire cela. TLP c’est la réciprocité avec le public et la mission de service public.

Quelle est l’importance des mesures d’audiences réalisées par Médiamétrie ?

S. Galaup : C’est important d’une part parce que si on fait de la TV c’est pour être regardé ! Et puis ça nous rassure ou ça nous fait douter selon les résultats Médiamétrie. Ce qui est un peu aberrant à ce sujet c’est qu’une seule société en France, qui est Médiamétrie, soit habilitée à réaliser ce type de sondages. On reste un peu dubitatifs sur l’objectivité d’un tel processus. Alors, ensuite, si les résultats sont «bons», cela nous permet d’entrer dans un système qui est une chance pour nous. En fonction du pourcentage que nous obtenons sur le potentiel de téléspectateurs que nous avons, nous allons avoir un bon ou un mauvais point. Si c’est un bon point, et bien nous aurons une belle image auprès de la régie publicitaire de TF1 qui à partir d’un certain pourcentage va nous proposer de la publicité. Pour nous, c’est aller décrocher un ticket d’entrée pour une place au Paradis ! Si TF1 injecte de la publicité sur TLP, on aura un budget garanti pour construire des programmes. Cela supprime aussi tout le travail de commercialisation des espaces publicitaires et leur réalisation car tout arriverai prêt à être diffusé de la régie de TF1.

Comment procède Médiamétrie pour calculer vos audiences ?

S. Galaup : Très franchement, on ne le sait pas ! Un reportage a récemment pointé du doigt la méthodologie de Médiamétrie. D’après eux, ils appelleraient les gens pour leur poser des questions et installent chez eux des boîtiers, sortes de mouchards de leurs façons de consommer les programmes télévisés. Médiamétrie a été critiqué sur le panel qui était trop restreint. Tous les jours, les résultats Médiamétrie qui tombaient dans les rédactions de télévisions étaient basés sur un panel de 1000 personnes ! Suite à cela, ils ont annoncé qu’ils allaient changer de méthodologie mais je ne la connais pas. C’est un système très commercial. Il faut payer environ 16 000 € pour obtenir cette étude et en général, les premiers résultats vont être au plus bas. Aucune chaîne locale n’a eu un bon Médiamétrie dès le début. Ensuite comme on en a besoin on va repayer jusqu’à ce qu’on nous injecte de la publicité.

Quelle réponse adressez-vous à ce fonctionnement ?

S. Galaup : C’est le système, c’est comme ça ! Mais ça nous tiens aussi en bonne santé de devoir faire tous les jours des efforts pour être regardé. C’est tout de même une pression qui est salutaire pour l’équipe. Ce fonctionnement est à l’image de la France : très centralisé, très parisien. Comme toujours et particulièrement dans le milieu de l’audiovisuel, on a l’impression qu’il n’y a que les gens qui ont l’accent pointu qui disent la vérité ! Il faut qu’on soit un peu les maquisards de la télévision locale, la télé était régionale à l’origine et les parisiens nous l’on ensuite piquée pour nous la resservir derrière. Il faut que les médias et les télévisions régionales que nous sommes se soulèvent un peu contre ça, c’est salutaire pour nous. On en a marre, les régions et les localités ont une place sérieuse à prendre à la télévision, on a des choses à dire et à montrer qui nous semblent plus intéressantes que certains programmes nationaux. De plus il n’existe pas de vraie identité locale sur les chaînes régionales.

Votre zone de diffusion va s’étendre courant 2009, comment allez-vous gérer ce développement ?

S. Galaup : On va devoir sortir un peu de ce côté «famille» qu’on a crée dans l’équipe. Nous allons avoir une zone de diffusion beaucoup plus grande et il va falloir se structurer si l’on veut continuer à répondre à l’exigence d’ultra proximité qu’ont les gens. Il va falloir couvrir techniquement la nouvelle zone accordée par le CSA et mettre en place des équipes capables de proposer un contenu propre à ces nouvelles zones. On va d’abord exister un temps avec le contenu actuel qui comporte déjà des émissions aux couleurs de ces nouvelles zones comme «Le Sisteronais vous ouvre ses portes» présenté par Chris Alessandri, un de nos animateurs. On trouvera ensuite de nouveaux partenaires et les programmes seront articulés comme suit : un tronc commun avec des émissions qui ont une valeur éditoriale régionale et ensuite des décrochages locaux sur Sisteron, Gap, Avignon… Avec la technique que l’on a mis en place, on a la possibilité d’avoir des zones de diffusion différenciées, on attend que le CSA nous autorise à aller sur une échelle régionale car pour le moment c’est chasse gardée de France Télévision !

Julien GUERY

Directeur adjoint / Journaliste Reporter D’image (JRI) / Monteur

Télé Locale Provence

Comment se crée un programme ?

Julien Guéry : On fonctionne le plus souvent en partenariat avec les communes, on a des contrats d’objectifs. Ensuite je vais sur le terrain, soit il y a un présentateur avec moi, soit je gère l’émission tout seul. En temps que JRI, je peux tout faire : l’interview, le tournage, le montage et la rédaction des commentaires pour les voix «off» de certains reportages. Ensuite, on présente le reportage aux commanditaires, on fait quelques modifications si besoin et c’est programmé. On traite aussi beaucoup de sujets sur l’actualité, les téléspectateurs nous envoient leurs infos, dates, événements…

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

J. Guéry : J’aime beaucoup le montage, mais ce qui est génial en télé locale c’est qu’on peut toucher à tout. C’est beaucoup plus intéressant que d’être cantonné à un secteur en particulier. Même si je m’éclate dans le montage, je suis bien content de pouvoir aller sur le terrain toute l’année, de rencontrer des gens… La proximité nous permet d’avoir un retour direct. On s’aperçoit que les gens ont regardés TLP, c’est forcément encourageant !

Votre diffusion va s’étendre, comment cela va-t-il se passer techniquement ?

J. Guéry : Le CSA nous a accordé l’autorisation d’émettre en TNT (Télévision Numérique Terrestre) vers Sisteron. Il faut d’abord mettre en place le pylône émetteur. On travaille avec TDF (Télé Diffusion de France) pour la TNT et pour l’instant, on a un émetteur à Villemus pour Manosque et un relais sur Forcalquier. Il faut maintenant acheminer le signal jusqu’à Sisteron, Oraison, Château-Arnoux, Malijai… On va respirer un peu ! Cette autorisation va nous permettre d’évoluer. Les acteurs locaux sont en attente de notre arrivée dans ce secteur, on va avoir une sacrée population à conquérir !

Que fait le CSA ? Conseil supérieur de l’audiovisuel

  • Il nomme les présidents des télévisions et des radios publiques.
  • Il délivre des autorisations aux stations de radio, aux télévisions locales, aux chaînes de télévisions diffusées par câble, satellite, internet, ADSL, etc.
  • Il rend des avis au gouvernement sur les projets de loi et de décrets qui concernent l’audiovisuel.
  • Il gère et attribue les fréquences destinées à la radio et à la télévision.
  • Il gère les problèmes de réception que peuvent rencontrer les auditeurs et les téléspectateurs.
  • Il veille au respect du pluralisme politique et syndical sur les antennes.
  • Il organise les campagnes officielles radiotélévisées des différentes élections.
  • Il s’assure du respect par tous les diffuseurs des lois et de la réglementation en vigueur.
  • Il peut sanctionner une station de radio ou une chaîne de télévision qui ne respecte pas la réglementation.

Médiamétrie

Médiamétrie est une Société Anonyme interprofessionnelle Française qui a été créée en juin 1985 et qui est spécialisée dans la mesure d’audience des médias audiovisuels et interactifs. La naissance de Médiamétrie intervient dans un contexte de mutation du paysage audiovisuel français sans précédent (naissance de Canal+, La Cinq, TV6). Par ailleurs la radio voit l’apparition des premières grandes radios privées avec la privatisation d’Europe 1 et la montée en puissance de NRJ. Médiamétrie est donc créée pour répondre à la volonté commune de tous les acteurs du secteur (médias, annonceurs, agences) d’avoir à la fois une mesure scientifique, indépendante et reconnue par l’ensemble de la profession. La société depuis les années 2000 a élargi ses activités à internet et aux nouveaux médias. Plus d’infos : www.mediametrie.fr

Par M. Labourdenne

*Complément d’article  TLP

En 2010, TLP quitte Céreste pour déménager à Manosque et la gérance est reprise par Michel VITELLI, ancien PDG d’Astriane.

La diffusion passe par le satellite depuis la fin d’année 2010 et début 2011 Télé Locale Provence passe sur la TNT (chaine 21) , le bouquet Orange (chaine 243), SFR…

Pour finir, TLP inaugure ses nouveaux locaux à Sisteron le vendredi 3  juin 2011.

 

Retraitement des déchets du BTP

 

Plateforme de Proviou

MinettoBTP
MinettoProviou

Située sur la zone du Proviou à Sisteron,
cette plate-forme de retraitement des
déchets du BTP est unique dans le
département et permet de revaloriser
plus de 20 000 tonnes de déchets par an
avec une surface d’exploitation de 6 Ha.
Cette initiative a attiré notre attention par
ses aspects écologiques et pratiques.
Christophe Liguori et Christian Sarlin,
actuels responsables du site nous ont
expliqué son fonctionnement et sa
vocation.

 

Le Trophée environnement pour minetto

Le 17 janvier 2009, Jean-Paul Brouchon, a reçu par le Député Maire Daniel Spagnou, le trophée « Environnement » attribué par la CCI dans le cadre des Victoires de L’entreprise.
Son activité consiste principalement en la réfection de réseaux secs et humides, et entraîne la problématique de l’évacuation de déblais de tranchée mais aussi la fourniture de remblais. L’entreprise a été conduite à réfléchir à la gestion de ces déchets et à son approvisionnement de matériaux de remblais. C’est ainsi qu’est née la plate-forme de revalorisation de déchets inertes dont l’utilité est prouvée chaque jour.
Jean-Paul Brouchon, PDG du Groupe MINETTO, entreprise familiale de BTP fondée en 1982, a investit dans cette infrastructure, subventionné à hauteur de 20% par l’Etat à travers l’ADEME, et par la Région.

Quels types de déchets revalorisez-vous sur cette plate-forme ?

Christophe Liguori : Nous traitons les déchets issus des entreprises locales du BTP. Il s’agit des déblais de terrassements et de déconstructions. Cela peut être des matériaux de construction de type béton, ciment, terres cuites, matériaux minéraux naturels, terres et matériaux de terrassement…

Quelles sont les étapes de cette revalorisation ?

C.Liguori : Dans un premier temps, le camion arrive d’un chantier avec des déblais divers, il stationne sur la bascule, son poids ainsi que le type de produit et sa provenance sont mémorisés par un système informatique. La quantité déposée peut varier entre 1 et 25 tonnes. Le suivi précis des dépôts nous permet de savoir en temps réel la quantité de stock dont on dispose sur la plate-forme. Les déchets récoltés sont ensuite traités à l’aide d’un scalpeur et concassées pour réaliser un produit fini. Les produits béton ferraillé sont au préalable broyés avec une pince pour enlever les tiges d’acier. Nos machines sont essentielles dans ce processus de revalorisation, elles permettent de trier très finement des déchets très encombrants. Nous récupérons également les ferrailles et les plastiques que l’on
dépose à des déchetteries spécialisées.

Quels types de produits obtenez-vous en bout de chaîne et à quoi sont ils destinés ?

C.Liguori : le tri nous permet d’isoler du sable à tranchées et des matériaux de remblais de différents diamètres destinés aux travaux de voiries. On produit également de la terre à mélange et de la terre végétale pour les activités d’espaces verts. On vends ensuite ces produits à la tonne.
On les utilise aussi beaucoup en interne sur les chantiers ou l’entreprise Minetto intervient. Cette plate-forme nous permet d’intégrer la fourniture de matériaux à notre chaîne de production. Il est beaucoup plus intéressant de tenter de revaloriser nos propres déchets pour ensuite les ré-employer sur nos chantiers, les pertes sont quasi nulles de cette manière et l’enjeu écologique est grand. On encourage vraiment les professionnels à se tourner vers des circuits spécialisés permettant une revalorisation
de leurs déchets.

Les entreprises locales ont-elles le «réflexe retraitement» ?

C.Liguori : pas encore, le gros de notre activité est localisée sur Sisteron et beaucoup de professionnels se rendent dans des décharges dites classiques, ouvertes à tous. Beaucoup de déchetteries commencent à saturer et à l’avenir il y aura certainement des restrictions pour les déchets du BTP qui conduiront les professionnels à se tourner vers des circuits comme le notre. Les déchetteries ne revalorisent pas aujourd’hui les déchets inertes du BTP et se contentent
de les enfouir.

Quelles garanties apportez-vous sur les produits revalorisés que vous proposez ?

C.Liguori : On a des contraintes réglementaires et régulièrement on analyse les produits car on a des normes à respecter.
Il faut que nos matériaux aient une certaine résistance, c’est pourquoi nous prenons régulièrement des échantillons que l’on fait analyser en laboratoire. Ils testent par exemple la teneu en eau et la granulométrie.

Combien de personnes travaillent sur cette plate-forme ?

C.Liguori : Christian est là en permanence pour organiser les dépôts sur la surface dont on dispose. En général, on accumule les dépôts et ensuite on met en place une équipe de deux à trois personnes qui vont traiter ces déchets inertes. Il faut conduire les machines et veiller à stocker les différents produits triés, contrôler les différentes étapes de la revalorisation etc…

Centre de retraitement des déchets de ProviouMinettoProviou

Z.I de Proviou – 04200 Sisteron
J.C Liguori : 06 22 44 31 19
c.liguori@minetto.fr
C. Sarlin : 06 22 44 31 32

 

Qu’est -ce que l’ademe ?

LogoAdeme

L’ADEME participe à la mise en oeuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. Elle met ses capacités d’expertise et de conseil à disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics et de la population. Elle les aides à financer des projets dans cinq domaines (la gestion des déchets, la préservation des sols, les économies d’énergie et les énergies renouvelables, la qualité de l’air et la lutte contre le bruit) et à progresser dans leurs démarches de développement durable.

Par M. Labourdenne

L’ Agneau de Sisteron

L’agneau de Sisteron
Fierté de toute une région !

Par Brigitte Illy

Agneau de Sisteron

Joséphine Baker aurait été l’une des premières à savourer sa chair tendre et moelleuse à la table prestigieuse du transatlantique le «Normandie». Nous sommes dans les années 30 et c’est Maurice Richaud qui, avec les chevillards Sisteronais dont il fait partie, vient de lancer l’initiative de «l’Agneau de Sisteron». Ce produit du terroir, marqué du Label Rouge, apprécié des gourmets pour sa finesse et la douceur de son goût suscite un véritable engouement jusque sur la Côte d’Azur où le tourisme commence à se développer.

De hautes distinctions gages de qualité pour le consommateur.

Grâce au Label Rouge qui respecte un cahier des charges extrêmement exigeant, le consommateur a la garantie de l’origine du produit qu’il consomme. Les bêtes doivent impérativement être nées, élevées et abattues dans la région de Sisteron qui regroupe les Alpes de Haute Provence, les Hautes Alpes, le Vaucluse, les Bouches du Rhône, le Var ainsi qu’une grande partie de la Drôme. Une zone géographique de production IGP (Indication Géographique Protégée) qui reçoit en 2003, l’agrément de l’INAO (Institut National de l’Origine et de la qualité) suivi trois ans plus tard par l’Union européenne qui valide officiellement la procédure de protection de la marque. Une reconnaissance qui profitera à toute la filière ovine.
Pour mieux faire découvrir cette viande de qualité, une large campagne promotionnelle sur plusieurs années a été engagée depuis 2003 pour motiver et dynamiser l’ensemble de la filière ovine, de l’éleveur aux artisans bouchers jusqu’à la grande distribution. Une campagne qui a notamment pour objectif, de mieux informer le consommateur sur les garanties du produit et ses atouts gastronomiques.

Agneau de Sisteron Label Rouge

Les différents maillons
de la chaîne

Les éleveurs de la région PACA se placent au 2e rang de la production française de viande ovine avec plus de 650 000 brebis. Les utilisateurs, parmi lesquels les collecteurs de peaux, les boyaudiers et les tripiers garantissent à la clientèle une continuité et une homogénéité du produit et sa revalorisation. Les distributeurs ont obtenu l’assurance d’un approvisionnement régulier et de qualité. Les consommateurs, quand à eux, ont retrouvé une constance dans la qualité du produit livré à l’abattoir de Sisteron, véritable point stratégique où arrivent les bêtes en provenance des élevages et d’où la viande repart pour garnir les étals.

Un abattoir,
référence européenne

Berceau de l’élevage ovin, notre région est la 3ème de France avec ses 1800 éleveurs . La cité de Sisteron est située au cœur de la zone historique de production. Elle a toujours été au centre des échanges de troupeaux entre les Alpes et les plaines et collines provençales ou méditerranéennes. C’est pourquoi, son abattoir, véritable référence européenne, est devenu l’une des plaques tournantes de la filière ovine et le premier abattoir français. Il est certifié ISO 9001 version 2000 pour sa prestation d’abattage. Construit dans la zone d’activité du Val de Durance il est mis en service en 1984 et assure aujourd’hui une production d’environ 500 000 agneaux, soit 20% du marché du Sud-Est. Le traitement des bêtes est réalisé dans les meilleures conditions d’abattage et d’hygiène, dans le respect de la chaîne du froid. Depuis 1999, l’abattoir s’est doté d’une salle de découpe primaire permettant d’effectuer une découpe en gros en fonction des commandes. L’abattoir a été baptisé abattoir «Elie et Maurice Richaud» en hommage aux 2 précurseurs de la notoriété de l’agneau de Sisteron. Ce sont pas moins de 352 personnes qui œuvrent sur le site si l’on compte les 52 employés et les 300 prestataires intervenants extérieurs. Son savoir faire lui permet en outre de répondre à différents cahiers des charges: Label Rouge, Agneaux biologiques, CCP3 «Agneau de Manon», IGP «Agneau de Sisteron », … Aujourd’hui, le site est équipé d’un système informatique performant permettant d’assurer la traçabilité sur la chaîne d’abattage et le retour des informations.
3 . Certification de Conformité Produit

Un métier de passion
difficile et exigeant

Bergers d’hier
et d’aujourd’hui

Aujourd’hui à la retraite, Yvon Sowa a, durant de longues années, conduit les troupeaux vers les hauts alpages et nous parle de son métier de berger. Le visage buriné des authentiques montagnards, le regard étonnamment bleu de ceux qui tutoie le ciel, il parle peu, du langage de ceux qui parlent mieux le langage des bêtes et de la nature que celui des hommes. Après presque 50 ans passés au service des troupeaux, il coule une retraite paisible dans une ferme sur la route de Saint-Geniez. Cette année, c’est un autre que lui qui prendra la tête de la transhumance au départ de la ferme Garcin au Thor. Il continue de soigner les bêtes avec toute l’attention et l’affection qu’il a toujours su leur témoigner. C’est au milieu de son troupeau de brebis et de jeunes agnelles, nées récemment que Jazette est allée le retrouver pour lui demander de parler de ce qui a été sa vie, son métier et sa passion.

le berger et l'Agneau de Sisteron

Rencontre avec
un pâtre d’antan

Le métier qu’il exerce depuis sa formation à l’école des bergers est devenu, pour Yvon, une véritable passion. Berger de transhumance, son voyage le mènera durant de longs mois vers les hauts pâturages en compagnie des bêtes dont il a la garde. En bon pasteur le berger avoue même « dormir au milieu d’elles pour les protéger des attaques des loups. » Une tradition pastorale qui se perd depuis l’instauration de la Loi Montagne, une loi qui a permis de faire un grand pas dans l’amélioration des conditions de vie et de travail des bergers sur les estives. Notamment l’aménagement de cabanes « tout confort », l’ouverture de pistes d’accès, l’installation de points d’eau et d’équipements mobiles pour le tri et la contention des animaux ainsi que des opérations d’héliportage de produits nécessaires à la vie du troupeau et du berger. Lorsqu’on lui demande s’il savoure cette retraite méritée, l’homme devient silencieux et ses lèvres esquivent une moue qui en dit plus long que tous les discours. Son regard s’assombrit d’un voile de tristesse: « Maintenant, ce n’est plus pareil » murmure le vieux berger et comme pour se ressaisir de cette émotion qui le submerge, il nous entraîne vers un lieu familier. La bergerie, où les brebis et les petites agnelles qui viennent de venir au monde, l’accueillent dans un concert de bêlements assourdissants. Il les rejoint et les interpelle en nous les présentant une à une. On peut sentir la complicité qui lie les bêtes et l’homme chargé de veiller sur elles.

Un métier en mutation

En ce mois de mai, au jour du grand départ de la transhumance vers la vallée des Monges, ce n’est plus lui que l’on pourra voir déambuler fièrement à la tête du troupeau, vêtu de sa grande pèlerine brune et coiffé de son chapeau de feutre mais son jeune successeur. Un héritier que Yvon se désespérait de trouver, prêt pour cette raison à reculer la date de sa retraite car la relève est difficile. En effet, si d’antan, le métier de berger se transmettait souvent de père en fils, les conditions de vie en alpages sont difficiles et exigeantes et attirent de moins en moins les jeunes. C’est la raison pour laquelle, des aides, principalement sous forme de primes aux jeunes éleveurs, ont été développées pour la construction de bâtiments, l’accroissement, la création ou la reprise de troupeaux. Les jeunes bergers d’aujourd’hui sortent le plus souvent du lycée agricole de Digne-Carmejane ou du Centre de Formation Professionnelle Agricole de Salon avec en poche, un diplôme de responsable d’exploitation agricole ou de berger salarié de transhumance. A l’image de Fabien et Michaël, les 2 élèves lauréats de la sélection provençale des meilleurs bergers qui viennent de participer à ce titre au Salon de l’Agriculture. Ils parlent de « rentabilité et de gestion d’entreprise dans des fermes modernes et bien agencées ». Ils privilégient « le contact avec la clientèle et les marchés internationaux » plus que la perspective d’une vie « passée dans les alpages à surveiller les troupeaux. » Aujourd’hui, dans notre région terre de transhumance appréciée des hommes et des bêtes, ce mode d’élevage est un véritable patrimoine provençal basé sur le pâturage. Il est rythmé par les cycles naturels de l’herbe et de l’animal et a du s’adapter aux évolutions de la société contemporaine. Tout en conservant son caractère naturel, il se veut un modèle de développement durable et un gage de dynamisme du tissu rural.

Faire revenir l’agneau
sur les marchés

l' Agneau de Sisteron avec Jean-Jacques Pellier et Guillaume ChaillyRencontre
avec 2 acteurs
de la filière ovine.

Jean-Jacques Pellier directeur de l’abattoir de Sisteron.

Guillaume Chailly chargé de mission au CESAR

Selon le rapport de l’institut TNS Secopip,
les achats des ménages
en viande ovine ont reculé de 7,6%
en 2008 par rapport à 2007 comment
expliquez vous ce désintérêt
des ménages ?

Jean-Jacques Pellier :Si la crise financière est la première explication qui vient à l’esprit, elle n’est pas la seule explication. En effet, la viande d’agneau est plus chère que la volaille ou le porc mais, au niveau des points de vente, elle n’a pas subi les augmentations enregistrées sur la volaille par exemple. Notre région reste malgré tout l’une de celle où la consommation d’agneau est encore forte. Avec 4% de baisse de nos chiffres pour 2008, nous sommes loin> des 9% enregistrés au niveau national. Je crois que la tendance est plutôt à une baisse générale de la consommation de viande. Dans la région PACA, on consomme encore annuellement de 8,5 à 9kg de viande par habitant.

Vous êtes chargé de mission au
sein du groupement de Qualité Cesar,
quelles sont, selon vous, les
meilleures alternatives pour inciter
le consommateur à ne plus bouder
la viande d’agneau ?

Guillaume Chailly :L’agneau est traditionnellement considéré comme une viande festive, difficile à cuisiner , on doit guider le consommateur en lui démontrant que cette viande peut aussi être moderne. L’enjeu est donc de proposer à la clientèle, et en particulier aux jeunes générations, des recettes faciles à cuisiner. Son goût plus prononçé plait en effet davantage aux personnes d’un certain âge.

Qu’est-ce que l’IGP ?

G.Chailly :Cette appellation exclusive vient récompenser de nombreuses années de travail pour les partenaires de la filière réunis autour du groupement Qualité Cesar. Elle constitue une reconnaissance pour cet agneau Label Rouge, véritable fleuron de la production ovine régionale. C’est une authentique garantie d’origine pour le consommateur; l’agneau doit impérativement être né, élevé et abattu dans la région de Sisteron. Seule l’Indication Géographique Protégée permet l’utilisation de l’appellation « Agneau de Sisteron. »

Le Label Rouge garantit donc une
viande de qualité supérieure ?

J.J. Pellier : Sans nul doute, nos brebis mères sont toutes de races méditerranéennes,
Mérinos d’Arles, Préalpes du Sud ou Mourérous. Le nombre de brebis sur une exploitation est limité en fonction des surfaces de pâturages disponibles. Les agneaux sont nourris au lait maternel pendant 60 jours minimum. Après sevrage, ils reçoivent une alimentation à base de foin, éventuellement complétée d’aliments à base de céréales sous contrôle de l’organisme certificateur. La traçabilité des agneaux est garantie de leur naissance à la livraison. Chacune d’entre elles est dûment certifiée par un tampon Label Rouge et un Certificat de Garantie et d’Origine « Agneau de Sisteron Label Rouge » numéroté. L’agneau ne doit pas être âgé de plus de 150 jours et son poids ne doit pas excéder 19kg.

Peux-t-on trouver de l’agneau de
Sisteron Label Rouge partout et
son prix est-il vraiment plus élevé ?

J.J. Pellier : On le trouve pour 50% dans
les boucheries artisanales. Le gros du marché arrive en septembre, au moment de la naissance des agneaux et de février à avril lors de l’agnelage. Afin de ne pas perdre le marché de la grande distribution, certains éleveurs ont accepté de décaler leurs dates de production. Ce décalage de production est plus facile pour les éleveurs sédentaires que pour ceux qui pratiquent la transhumance. Il existe 100 points de vente en France, 50 en Rhône-Alpes, 50 en PACA. Le prix moyen de la viande d’agneau est de 11,84 € (source Secodip); labellisée, cette viande coûte 1,50 € de plus, soit 13,34 € le kilo (en 2009). Un écart qui se justifie par la différence de qualité. Le problème est que face à la baisse continue des achats des ménages, les détaillants sont incités à relever leurs prix de vente pour compenser le manque à gagner. »

Quelle serait la « recette magique »
pour relancer les ventes?

G. Chailly : « Il n’existe pas de solution miracle pour sortir de ce cercle vicieux. En cette période de crise économique, si les filières comme la notre, peuvent encourager les ménages à consommer de la viande ovine au moyen d’une large campagne de communication et d’information, il parait difficile de les convaincre d’augmenter ou de réorienter leur budget alimentaire. Envisager l’augmentation des importations en provenance des pays tiers comme la Nouvelle-Zélande ou l’Australie est une option qui, en accentuant la concurrence, pénaliserait et découragerait encore plus fortement les éleveurs locaux déjà durement touchés par la décapitalisation des cheptels. Le découplage des aides suite à la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) et les différents épisodes de crises sanitaires. Notre effort doit tendre vers le retour des consommateurs.

2 grandes rencontres À ne pas manquer

Sisteron « Fête de l’agneau »

Vendredi 15 mai et Samedi 16 mai 2009

Vendredi 15 : Visite de l’abattoir en compagnie
de Jean-Jacques Pellier qui présentera aux visiteurs les différents ateliers.

Samedi 16 mai à partir de 9h : Départ de la transhumance avec déambulation du troupeau dans les rues de la ville au son des fifres et des tambourins.
Toute la journée, animationsau complexe sportif des Marres.
Démonstration de tonte, d’échographie, de chiens de bergers et concours d’éleveurs pour les plus grands.
Jeu de l’agneau et animations pour lesplus jeunes.
Présentation des métiers d’autrefois et de tous les acteurs de la filière ovine.
Grand repas champêtre!

Authon « Troupeau en alpages »

Mardi 21 juillet 2009

Transhumance sur Costebelle avec présentation du métier de berger.

Groupement Qualité CESAR:

Organisme de gestion et de défense de l’agneau
Maison régionale de l’Elevage
route de la Durance
04110 Manosque

Tél : 04 92 72 28 80
Fax: 04 92 72 73 13

contact @ agneaudesisteron.fr

Par Brigitte Illy

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