Cette année nous sommes gâtés : l’automne est beau. La Nature a bien préparé son lit. Le froid s’installe progressivement et la végétation perd lentement sa parure. Les feuilles qui d’habitude tombent au premier givre, emportées par le mistral, ont tranquillement fini leur vie et ont quitté leur tige encore toutes colorées. Une fin de vie feu d’artifice ! La cicatrice du pétiole a ainsi eu le temps de bien se fermer et surtout de barrer la porte aux spores de champignons pathogènes.C’est le moment le plus propice pour les plantations : la sève est redescendue
dans les racines, l’arbre est en repos végétatif, son transfert de la pépinière au jardin se fait en douceur. Il trouvera dans le trou que vous aurez confectionné (sans lisser les parois), autour de ses racines délicatement habillées*, une terre ameublie et enrichie de terreau ou de fumier bien décomposé. Même en cette saison, un arrosage très copieux est conseillé à la plantation, gage de réussite. Pour ma part, je n’ajoute de l’engrais qu’au printemps, au moment où la végétation se réveille. L’engrais à la plantation n’est efficace que s’il s’agit d’un engrais « retard » à diffusion lente. L’engrais traditionnel sera lessivé durant l’hiver et ira polluer les nappes phréatiques et peut-être quelques poches… Pensez aux engrais à base de fumier enrichi et bio, on en trouve de très performants près de chez nous.
Le dicton de la sainte Catherine est surtout vérifié pour les plantations de végétaux à racines nues. Il est pratiquement impossible d’en trouver sur le marché aujourd’hui car cela exige une logistique bien établie, à l’image de la « chaîne du froid » nous sommes ici devant la configuration « chaine de l’humide ». Seuls les professionnels pratiquent cette méthode, dans des situations bien définies.
Les techniques de culture moderne nous permettent cependant de pouvoir différer la période de plantation, grâce à la culture en conteneur.
La bouillie bordelaise dont la réputation n’est plus à faire préserve l’environnement, même si je vous conseille de
doubler les doses en ce moment, vous pouvez traiter tout le jardin, les bactéries ne sont pas que sur les arbres.
Leur ramassage est une corvée incontournable pour plusieurs raisons :
Le petit plus écolo : vous pouvez laisser un tas de feuilles amoncelées dans un coin un peu abrité, peut-être aurez-vous la chance de voir un hérisson se cacher dessous pour passer l’hiver.
Taillez les fruitiers à la « diable », comme vous le sentez. Harmonisez le port de l’arbre, taillez les branches hautes : la tendance est aux fruits accessibles à pied… Cela vous permettra de diminuer le volume de l’arbre, car nos jardins sont de plus en plus limités en surface.
Taillez les arbustes qui vous semblent envahissants, la taille douce est conseillée. évitez le taille haie : s’il est pratique, il donne un rendu discutable (excepté pour les haies et les buis « à la française »).
Pour l’élagage des arbres, taillez les grosses branches et laissez un « tirant ». Attention aux grandes hauteurs : pour votre sécurité faites appel à un spécialiste.
‘‘LE’’ NOYER.
A mes yeux, l’arbre le plus majestueux du jardin. Si vous avez la chance d’en posséder un, sachez que vous pouvez le tailler, contrairement à ce que la plupart des gens croient. Cependant, c’est un arbre un peu délicat, car il est le dernier à émettre des feuilles et le premier à les perdre. Si sa sève est complètement descendue vers le début de Décembre, elle remonte dès que les jours rallongent. La période de taille est donc très courte, aux alentours du 15 Décembre. Vous pourrez tenter de couper une branche au mois de janvier mais vous le verrez pleurer abondamment. Si c’est le cas, ne le taillez pas.
LE CERISIER
Ne touchez pas aux grosses branches en cette saison, le cerisier se taille après la récolte du fruit.
Un petit mot sur les Sapins de Noël : sachez qu’ils sont cultivés par les pépiniéristes (qui sont souvent des spécialistes) et qui ne font que cela. Acheter un sapin de Noël naturel qui se décomposera est le plus beau cadeau que vous pouvez faire à la Nature et à vous-même… la fête, avec une petite odeur de forêt…
*« habiller les racines » comme son nom ne l’indique pas, est l’action qui consiste à couper les racines trop fragiles et à rafraichir les cicatrices que le pépiniériste a pu faire durant l’acte d’arrachage. Ne s’applique que lors de plantation de végétaux à racines nues.
Certains pépiniéristes vendent des végétaux (rosiers et certains fruitiers) en ‘fausse motte’, c’est-à-dire qu’ils sont replantés dans un conteneur ou dans un sac. Quand vous le déchaussez, vous le retrouvez à racines nues. Pratiquez alors l’habillage.
Par Pierre DURTSCHI.
Depuis 1934, la station de ski de la Montagne de Lure séduit de nombreux amateurs de glisse. Si elle est loin d’être la plus grande station de la région, elle abrite un environnement parfait pour s’offrir ses premières sensations skis aux pieds. Tour d’horizon de cette station pas comme les autres.Du haut de ses 76 ans, elle continue de séduire les plus jeunes. L’hiver, elle se couvre d’un manteau blanc immaculé. Bien sûr, elle rencontre moins de succès que ses voisines plus jeunes et mieux équipées du massif des Monges, du Val d’Allos ou encore des Hautes-Alpes, mais comment l’en blâmer ? Créée en 1934, la station de ski de la Montagne de Lure, car c’est bien d’elle dont il est question, est la plus vieille station du département. Mais avec une affluence quotidienne qui peine à dépasser la centaine de personnes, la montagne chère à Giono est loin d’être la plus fréquentée. Avec ses deux pistes de skis, une verte et une bleue, les skieurs chevronnés n’y trouveront pas leur compte. Mais la station compte bien d’autres atouts.
Pierre Honoré, Adjoint au Maire de Saint-Etienne-les-Orgues, gère la question du développement touristique et de la préservation de la Montagne de Lure. Depuis l’hiver dernier, la commune a repris la gestion d’une grande partie des activités de la station, cela occupe une bonne part de son planning. «Certes, notre station est de taille modeste.
Les skieurs confirmés n’y trouveront probablement pas les sensations recherchées. En revanche, ses pistes sont parfaites pour les enfants pour un premier contact avec les sports d’hiver » admet-il. La station s’adresse donc à une clientèle de débutants. Petits ou grands, tous les apprentis-skieurs apprécieront de glisser sur une neige abondante de janvier à mars. Le tout sous le regard bienveillant du pisteur secouriste dont s’est pourvue la station, conformément à la législation en vigueur.

Si le ski alpin est la principale activité proposée par Lure, elle n’est pas la seule. En effet, la station offre quelques jolies pentes idéales pour la pratique de la luge, qui régalera les plus jeunes, mais aussi les grands enfants. Ceux qui souhaitent apprendre le snowboard ont tout loisir de faire leurs premières descentes sur les deux pistes que compte la station. Le tout pour une somme très modique, le forfait journalier qui donne accès aux deux remontées mécaniques de la station s’élevant seulement à 11€, contre 9 € pour le forfait demi-journée. Autre possibilité : la promenade, en raquette ou ski nordique. « Pour les personnes intéressées par les excursions en raquettes, l’association La Compagnie des Grands Espaces propose des promenades guidées durant toute la saison hivernale au départ de la station » ajoute Pierre Honoré. Il est également possible de louer sur place skis, raquettes, et même quelques luges. Une antenne de l’École du ski français est aussi à disposition sur place. L’occasion de suivre des cours d’initiation au ski dispensés par des professionnels. Enfin, le bar-restaurant de la station récemment refait à neuf offre la possibilité d’une pause gourmande entre deux descentes.
Séduit ? Dans ce cas, en route vers Lure ! Mais attention, car pour avoir la chance de skier sur ses pistes, il vous faudra affronter les routes sinueuses qui grimpent jusqu’à la station, nichée à près de 1 600 mètres d’altitude. Un conseil : ne comptez pas emprunter le versant nord de la Montagne de Lure qui fait face au Jabron. Vous serez immanquablement obligé de faire demi-tour au niveau du Pas de la Graille qui est bloqué par la neige de fin novembre environ à début mai. Le meilleur moyen est d’emprunter la D951 jusqu’à Saint-Etienne-les-Orgues puis, au sortir de la commune, de bifurquer sur la droite, en direction de la Montagne de Lure. Si, de l’aveu de Pierre Honoré, « la DDE fait son possible pour déneiger la route, il est conseillé d’être équipé de pneus neige voire de chaînes pour monter jusqu’à la station. » Passé la pittoresque chapelle de Notre Dame de Lure, vous arriverez à la station où le contraste saisissant du blanc immaculé sous un ciel d’azur vous laissera sans voix… Un moment seulement, car l’appel de l’or blanc saura vous convaincre de vite chausser vos skis. Allez hop ! Tous en piste !
Questions à Jean Verrando, ancien responsable de la Station de Lure.Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours skié à Lure. Dès que j’ai eu l’âge de monter sur des skis, ma grand-mère m’emmenait glisser sur les pentes de Lure. Ca remonte aux années 50. A l’époque, on utilisait des skis en frêne, un bois facile à travailler. Et c’est en 1968 que, fraîchement diplômé, je me suis installé comme moniteur en ski alpin à Lure. J’y ai mis en place dans la foulée deux téléskis écoles, mieux adaptés à la clientèle de débutants qui fréquente habituellement Lure. On travaillait en famille puisque ma mère et ma fille venaient souvent m’aider en cas de fortes affluences.
L’hiver dernier, j’ai cédé à la commune de Saint-Etienne la gestion des remontées mécaniques. De plus, et même si je possède depuis 1993 le diplôme de pisteur secouriste, je n’exerce plus ces fonctions. Je continue à donner un coup de main à l’école de ski, dans la mesure du possible.
A l’exception des pistes qui ne peuvent pas changer, la station n’a plus grand chose à voir avec ce qu’elle était. Aux belles heures de Lure, 6 remontées mécaniques fonctionnaient ! Globalement, la neige était plus abondante. L’affluence de la station était donc plus importante. Certaines journées, on pouvait accueillir plus de 1000 personnes. à l’époque, il s’agissait déjà d’une clientèle familiale originaire des environs ou des grandes villes à proximité, comme
Avignon, Aix ou Marseille. Après une bonne journée de ski, beaucoup se retrouvaient à Saint-Etienne pour faire la fête !
La Montagne de Lure, ce n’est pas seulement une station de ski. C’est aussi et surtout un site remarquable d’un point de vue écologique, pourvu de paysages à couper le souffle.
De loin, on la confondrait presque avec le Mont Ventoux. Il faut dire que ces deux géantes se ressemblent. Recouvertes d’un épais manteau vert à leurs bases et pelées aux sommets, elles se font face avec un air de défi. Légèrement moins haute que sa voisine (1826 m. contre 1912 m. ), Lure n’a pas non plus sa renommée, acquise grâce aux régulières visites du Tour de France, mais n’en est pas moins remarquable. La Montagne de Lure prend la forme d’une longue crête du haut de laquelle la vue est splendide. Par temps clair, sa position dominante permet de voir très loin, raison pour laquelle les randonneurs n’hésitent pas à enfiler leurs chaussures de marche pour emprunter les nombreux sentiers pédestres qui parcourent ses crêtes. De nombreux pratiquants de VTT font de même. La petite chapelle de Notre-Dame de Lure ne manque également pas d’attraits. La faune, riche notamment en sangliers, attire nombre de chasseurs. Attention cependant, tout n’est pas permis sur les crêtes de Lure. Par souci de préservation de la Montagne, classée Site Naturel Sensible, la circulation des véhicules motorisés, notamment les tout-terrain, est interdite hors de la chaussée. Quads et autres 4X4 sont donc priés de passer leur chemin !
04230 Saint-Etienne-les-Orgues
Tél : 04 92 73 02 57
Mail : lure.ot(AT)wanadoo.fr
Station ouverte le mercredi, samedi
et dimanche et tous les jours
pendant les vacances scolaires.
Horaires d’ouverture : 9h30-16h30
Crédits photos :
Mairie de Saint-Etienne-les-Orgues
Par Alexandre Moginot.
Après ma formation à Marseille j’ai fait un bref passage aux Archives Départementales de Digne où je travaillais dans leur atelier. A cette époque, je participais à des expositions et des foires aux livres où je réalisais des démonstrations du métier de Relieur. Un homme a alors repéré mon travail, il s’agissait du Père Bibliothécaire du Monastère de Ganagobie qui souhaitait me soumettre quelques ouvrages. Nous avons alors commencé à travailler ensemble et cela m’a permis d’ouvrir mon atelier par la suite.
Il s’agit en général de maintenir en état la bibliothèque du Monastère qui contient au moins 164 000 livres… Et cela représente du travail pour plusieurs générations !
Le Père Bibliothécaire m’apporte en général une caisse pleine d’ouvrages à remettre en état et me souhaite bon courage !
Il y a aussi du « petit bricolage », leur livre de Prières est utilisé 7 fois par jour et s’use donc très vite ! Il y a aussi la reliure de journaux et revues, la restauration de gravures ou de partitions… Tout ce travail est très passionnant et représente tout de même 70 % de mon chiffre d’affaires.
Les communes pour les registres d’état civil, les archives en général dont beaucoup de documents sont gardés au monastère. N’oublions pas que nos registres d’état civil datent de la Révolution. Les particuliers possèdent également de nombreux ouvrages à forte valeur sentimentale ou plus rarement de vrais trésors. Un couple m’a un jour apporté un Bible vieille de 200 ans complètement détrempée… Il m’a fallu 2 mois pour parvenir à sécher le papier !

C’était un parchemin du Xème siècle, un morceau de partition… un document vraiment unique ! La plupart des documents que je traite sont assez anciens, il y a de nombreux registres paroissiaux, de vieux actes d’église…
L’état civil est donc entre de bonnes mains ! Notre généalogie est bien entretenue ?
Oh oui ! Disons que l’état civil c’est un peu ma passion et le fleuron de l’entreprise.
Les Mairies ont beaucoup de travail, notamment sur le carrefour Bléone / Durance et sont obligées de planifier les restaurations d’ouvrages sur de nombreuses années pour étaler les budgets. Là aussi il y a du travail pour plusieurs générations !
La reliure, c’est une succession de petites étapes indispensables. Tout d’abord, il faut de bons outils, une dizaine environ et quelques machines indispensables comme une presse et une couseuse.
Après un premier diagnostic visuel où je regarde la tranche et le niveau de dégradation, je découds soigneusement le livre. Cahier par cahier, page par page, j’enlève les résidus de colle, je répare les pages grignotées par le temps avec des onglets, ces petites pièces qui viennent combler les déchirures du papier.
Je réalise ensuite le grecquage qui consiste à tailler, à l’aide d’une presse et d’une scie, des sillons en «V» sur la tranche qui permettront de laisser passer les ficelles de la cousure.
Le livre est ensuite amené sur le cousoir pour être assemblé. La machine comporte plusieurs ficelles tendues contre lesquelles sont cousus les cahiers. Le fil est alors passé alternativement entre ces ficelles guidées par les trous du grecquage. Pour consolider le tout, la tranche est encollée puis séchée.
La phase suivante consiste à réaliser les pages de couverture à l’aide de cartons, aussi appelés « les plats ». Ceux-ci sont montés en passant les ficelles de l’extérieur vers l’intérieur. Je les effiloche et les colle ensuite en éventail à l’intérieur du carton.
La dernière étape est la finition de la couverture : la tranche, le doublage, les coins, la dorure…
Le plaisir de voir l’oeuvre finie, qui retrouve une nouvelle santé en gardant les marques du temps. C’est également très agréable de travailler de belles matières lors de l’ornementation des couvertures, le cuir est choisi avec le client et taillé dans une seule et unique pièce. De nombreuses couvertures sont en toile ou encore laissées dans leur jus dès que cela est possible. J’aime garder une cohérence lors de la restauration d’un ouvrage.
Chaque nouveau livre nécessite la même minutie et apporte avec lui un bout de son histoire qui rend chaque restauration unique.
C’est un métier très technique mais on voit que c’est avant tout un métier d’art qui nécessite une grande passion. Qu’en pensez-vous ?Oui, effectivement il faut savoir maîtriser ses gestes et travailler un livre dans son ensemble pour lui rendre son apparence d’origine. La dorure est un aspect important de la finition, il nécessite un savoir-faire et du matériel différent de la reliure. J’interviens sur cette étape pour les ouvrages reliés par les Soeurs bénédictines de Rosans qui ne sont pas équipées pour cela. Je refait les titres des tranches dorés à la feuille, c’est aussi une très grande satisfaction.
C’est un travail anonyme pour l’utilisateur mais je laisse tout de même ma signature à l’intérieur de la couverture, dans le cuir. Je l’accompagne sur certains ouvrages d’une petite blague destinée aux futurs relieurs… dans 100 ans !
Par Marion VAUDOIS.
Depuis plus d’un demi-siècle, la société Manon et Cie, basée à Peyruis 04310, fabrique chocolats, calissons, nougats et autres douceurs dans la pure tradition provençale. Visite guidée de cette entreprise mêlant savoir-faire et convivialité.
A vrai dire, quand on arrive sur le parking de Manon, Espace Saint-Pierre, à deux pas de l’échangeur autoroutier de Peyruis, le lieu est forcément moins féerique que chez Willy Wonka ! Pas de château, bien entendu, mais un atelier d’environ 1100 m2
comprenant bureaux, espace de fabrication et boutique. C’est d’ailleurs par cette boutique que l’on accède aux coulisses. Un conseil : n’y entrez pas si vous avez le ventre vide, vous y feriez des malheurs! Car les produits présentés ont de quoi exciter la gourmandise de chacun :
chocolats, calissons, nougats, bonbons au miel…
Michèle Delahaye, responsable de la boutique, ne manque pas d’idées pour rendre ces produits encore plus attractifs. « Avec les responsables de l’atelier, nous nous concertons avant chaque fête où, traditionnellement, le chocolat a une place à part. Nous choisissons alors un thème. Par exemple, pour les dernières Pâques, nous avions choisi le thème du cirque. La boutique était décorée selon ce thème, les produits également. Pour ce Noël, je peux seulement vous dire que nous allons inviter les gens au voyage » explique t-elle. Impossible d’en savoir plus. Et pour les prochaines Pâques ? « Chut ! C’est un secret ! »
La danse des chocolatsVient ensuite l’atelier de fabrication. Un grand hall où s’affairent une quinzaine de personnes toutes de blanc vêtues : blouses et toques font office de tenues de travail. Plusieurs machines sont en action, laissant émettre un léger ronronnement dans le local. Sur la gauche on rencontre Thierry Biblocque, responsable de la fabrication des chocolats. Chez Manon depuis plus de vingt ans, ce pâtissier de formation, originaire de Boulogne-sur-Mer mais provençal d’adoption, ne se lasse pas de parler de son métier. « J’ai toujours aimé le chocolat, c’est pourquoi j’ai cherché à me spécialiser dans ce domaine. Travailler le chocolat n’est pas un métier routinier ou lassant, au contraire. On peut sans cesse inventer, créer des choses nouvelles. C’est très intéressant » témoigne t-il. Les chocolats produits au sein de l’atelier de Manon le sont selon la méthode de fabrication à la française : des bouchées de 10 grammes, ni plus ni moins, aux parfums divers, mais clairement prononcés et enrobées de chocolat. Les tablettes de chocolat, provenant d’Amérique Latine ou d’Afrique selon la qualité des récoltes de cacao, sont fondues à une température de 45°C dans de grandes cuves d’une capacité de 100 kilos. Ce chocolat fondu servira à enrober de petites pièces de garnitures semblant danser sur leur tapis roulant, non sans avoir été au préalable refroidi à 31-32 °C, « la meilleure température pour travailler le chocolat » nous éclaire Thierry.
« La maîtrise de la température est d’ailleurs la base du métier de chocolatier. » Les chocolats ainsi enrobés seront ensuite refroidis, puis finalement emballés, avant de faire le bonheur de nombreux gourmands.
Grand nougat deviendra petitQuand on laisse Thierry à ses chocolats, on arrive, au fond de l’atelier, dans un local peu commun. La chaleur y est plus importante, l’odeur de sucre également. Plusieurs cuves sur le feu ne sont pas sans rappeler le laboratoire de quelque alchimiste ou apprenti-sorcier. Ici, c’est l’atelier de fabrication des nougats et de la pâte de calissons. C’est l’antre d’Eric Machu, chez Manon depuis 14 ans.
Menuisier de formation, il avoue avoir appris sur le tas avec Jean Paul Manon, aujourd’hui à la retraite. à en juger par sa bonne humeur, on le croit sans peine quand il nous dit aimer son métier de pâtissier. « Je suis rentré chez Manon un peu par hasard. Je cherchais du travail et j’ai eu la chance d’être embauché. J’ai ensuite grimpé les échelons petit à petit, c’est un métier réellement intéressant car il n’est pas lassant. On est toujours en mouvement, donc c’est assez éprouvant, le côté créatif me plait également beaucoup. Et puis, comme je suis gourmand… »
raconte t-il. Là aussi la méthode de fabrication est artisanale : les amandes, qui représentent près de 35 % du nougat blanc, sont d’abord torréfiées, autrement dit cuites dans une grande cuve sphérique. Pendant ce temps, le miel, dont le nougat est composé à hauteur de 30 % environ, est déshydraté au bain marie. On y rajoute ensuite le blanc d’œuf monté en neige, puis le sucre, qui va permettre de solidifier le nougat.
Mais pas trop, la caractéristique du nougat blanc de Provence étant d’être tendre, contrairement au nougat de Montélimar, par exemple, plus dur. A ce mélange sont finalement ajoutées les amandes torréfiées, avant le moulage dans de grands bacs de plusieurs dizaines de kilos. On y laisse reposer le nougat pendant toute la nuit, avant sa découpe et son conditionnement le lendemain. Pour le nougat noir, les principales différences avec son homologue blanc résident dans le miel, qui ne va pas être déshydraté mais bel et bien cuit afin de le caraméliser, et dans l’absence de blanc d’oeuf. «De même il y a plus d’amandes dans le nougat noir. Un bon nougat noir doit être composé d’au minimum 55 % d’amandes » ajoute éric.
Du haut de ses 6 siècles, le calissonEt quid des calissons, cette douceur typiquement provençale vieille de près de six siècles ? Pour le savoir, inutile d’aller bien loin. A quelques mètres des nougats, éric désigne une grosse sphère métallique dans laquelle sont mélangés les ingrédients intervenant dans la fabrication de la pâte de calisson : amandes blanchies, c’est-à-dire sans peau, sirop de sucre, melon confit, écorces d’orange confites et voilà le travail !
« Chaque calissonnier a sa propre recette, ce petit plus qui va faire la différence. Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler le mien ! » nous confie éric. Le mélange, une purée de couleur jaunâtre, sera ensuite pressée et moulée en forme de losange, si caractéristique du calisson de Provence. Des losanges qui seront ensuite recouverts sur le dessus de glace royale, un mélange de blanc d’œuf, et de sucre glace. Mais Manon ne se contente pas des calissons traditionnels. Des variantes, parfumées au génépi, à la figue, à l’orange, au cacao ou au citron sont également fabriquées, et pour lesquelles on s’affranchit de la forme en losange. Ce sont de petits ronds, qui ne sont pas en reste question goût. Un vrai délice ! Ils seront eux aussi soigneusement
emballés, le tout dans une bonne humeur communicative. C’est aussi ça, Manon : une entreprise à taille humaine où règne une bonne ambiance. Il leur faudra bien ça pour surmonter le rush qui s’annonce, fêtes de fin d’année obligent. Mais de l’aveu général, de la boutique à l’atelier tout le monde est prêt. Bonne chance, et cacao les cœurs !
Interview DE Pierre Manon, responsable de Manon & CieManon et Cie a été créée en 1951, lorsque mon père a repris les « Nougats des Alpes »,
qui existaient depuis la fin du XIXe siècle. A l’époque, mon père était apiculteur en Isère et venait souvent dans les Alpes de Haute Provence où il possédait de nombreuses ruches. Il cherchait à se rapprocher de ses champs de lavande. Le propriétaire des « Nougats des Alpes » souhaitait vendre son entreprise, mon père a donc sauté sur l’occasion. Puis petit à petit, la gamme de produits fabriqués au sein de l’entreprise s’est diversifiée. Les calissons sont apparus, puis le chocolat…
Pas vraiment. Si effectivement j’y ai travaillé pendant ma jeunesse durant les vacances scolaires, je me suis ensuite orienté vers des études de Droit, à l’université d’Aix-en-Provence. J’étais intéressé par une carrière de diplomate. Mais au sortir du service militaire, j’ai intégré Manon qui avait besoin de quelqu’un pour assurer la distribution. Par la force des choses, je me suis retrouvé à la tête de l’entreprise avec mon frère
Jean-Paul, aujourd’hui à la retraite. Tandis que Jean-Paul gérait tout l’aspect fabrication et supervisait l’atelier, je m’occupais de la gestion administrative et commerciale.
Un juriste qui se retrouve chocolatier. Ce n’est pas banal, non?Ça peut surprendre, en effet ! Mais cela fait plus de 30 ans désormais que je suis à la tête de l’entreprise. J’ai été séduit par ce métier, voilà pourquoi je suis resté.
Dans la mesure du possible, oui. Le miel vient de producteurs locaux, tout comme les amandes. Le souci, pour ces dernières, vient du fait qu’en terme de quantité, l’offre locale peine quelquefois à satisfaire tous nos besoins. Nous devons donc faire venir des amandes d’Espagne. Quant au chocolat, nous le faisons fabriquer selon des critères particuliers. Notre chocolat d’enrobage, par exemple, doit être composé de sucre non raffiné. L’origine du chocolat peut varier, de l’Amérique centrale ou latine à l’Afrique, selon les années. Ce sont les aléas des produits naturels : d’une année sur l’autre, les récoltes ne seront pas de même valeur. Il faut donc continuellement s’adapter.
Quelques idées reçues passées à la loupeEffectivement, le chocolat blanc n’est pas vraiment du chocolat car la fève de cacao ne rentre pas dans sa fabrication. On trouve bien du beurre de cacao, substance grasse que l’on extrait de la fève de cacao, mais pas de pâte de cacao. A ce beurre sont ajoutés du lait en poudre et du sucre, pour finalement obtenir du chocolat blanc.
Sans vouloir rabattre le caquet à notre grand-mère qui nous a toujours incité à manger ce chocolat noir si amer à la place de ce chocolat au lait si doux, ce n’est pas toujours vrai !
La raison : dans le pourcentage de cacao indiqué sur chaque tablette de chocolat noir, on prend en compte la teneur en fèves de cacao, mais également en beurre de cacao, qui est bien plus gras ! Donc, un chocolat noir 60%, par exemple, peut être plus riche qu’un chocolat au lait selon sa véritable teneur en beurre de cacao. Pour résumer, la teneur en cacao n’est pas la seule chose à vérifier quand vous choisissez un chocolat noir, pensez aussi à contrôler le taux de matière grasse.
Au niveau du goût, à chacun de se faire sa propre idée. Mais au niveau nutritif, aucun doute, c’est faux ! Le chocolat au lait de fabrication suisse contient au maximum 30 % de fèves de cacao, contre 35 à 40 % pour un bon chocolat au lait « bien de chez nous ». Et qui dit moins de fèves dit plus de beurre de cacao, plus de lait en poudre et plus de sucre !
Surtout pas ! Le frigo est à bannir pour le chocolat.
Laisser un chocolat hors de son emballage dans un réfrigérateur, c’est risquer de le retrouver imprégné des odeurs contenues dans celui-ci. Et le fromage et le chocolat, pris séparément, c’est peut être très bon, mais ensemble, ce n’est franchement pas terrible !
Conservez donc votre chocolat dans un endroit frais et sec, à l’abri de l’humidité, de la chaleur et des odeurs.
Portes ouvertesChaque été, Manon et Cie propose des visites guidées gratuites de sa fabrique. Les visites se déroulent le jeudi après-midi, à 15 heures.
Espace St Pierre
04310 Peyruis
Tél. : 04 92 68 00 13
Du lundi au vendredi :
de 8h à 12h et de 14h à 18h30
Le samedi :
de 9h à 12h et de 14h à 18h30
en période de fêtes
Par Alexandre Moginot
Nous avons rencontré Jean-Luc Monteil, Président de l’Union Des Entreprises du 04 (UDE 04) ; Marc Segard, candidat aux récentes élections pour la gestion de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), porteur de la liste UDE 04 «Le choix de l’avenir» ; Carole Nouvion, candidate titulaire à la gestion de la Vie Associative. Ils nous ont présenté les projets et la vision qu’ils partagent pour le développement économique de notre territoire.La vie d’une entreprise n’est pas un long fleuve tranquille… Pour mener au mieux son affaire, un chef d’entreprise se doit d’être « multi-casquette » et savoir manœuvrer dans un environnement parfois hostile.
Pour faire face aux problèmes qu’ils rencontrent au quotidien, les entrepreneurs doivent pouvoir s’appuyer sur des structures à même de défendre leurs intérêts. L’Union Des Entreprises 04 (UDE 04) rassemble sur le département toutes les entreprises de tous les secteurs d’activités, quels que soient leur taille, leur structure, leur métier.
Sa vocation : servir l’entreprise et les entrepreneurs des Alpes de Haute-Provence !
Syndicat interprofessionnel regroupant 500 entreprises et 11 syndicats professionnels, l’UDE 04 a vocation à agir au niveau départemental, régional et national pour la défense ou la gestion des intérêts communs. Il a notamment pour mission de représenter et défendre les entreprises à travers la gestion de mandats patronaux dans les différentes instances à caractère social, économique, concernant l’emploi et la formation. L’UDE 04 exerce ainsi un contrôle sur l’utilisation des fonds prélevés par l’état et les organismes sociaux, essentiellement sur la trésorerie des entreprises artisanales, commerciales, industrielles et des professions libérales.
Dans un contexte où de plus en plus de personnes se tournent vers l’entrepreneuriat il est intéressant d’observer les structures
visant à rassembler, informer, défendre et accompagner les entreprises.
Les challenges sont nombreux dans la vie d’une entreprise et l’environnement fait parfois toute la différence. Qu’il s’agisse du dynamisme du territoire ou du bon fonctionnement du commerce local, il est important pour les plus petites entreprises d’avoir une chance de peser dans la balance. Fer de lance des TPE et PME, l’UDE 04 a constitué une liste pour faire entendre leurs voix et
décrocher la Présidence de la Chambre de Commerce et d’Industrie du 04 lors des récentes élections. «Le choix de l’avenir», un nom qui exprime des idées, une devise responsable et moderne pour une équipe à son image. Issue de l’ouverture du recrutement engagé depuis mars 2010, cette liste a permis d’impliquer des chefs d’entreprises de filières variées
offrant une couverture géographique bien représentative. La liste est ainsi constituée de 28 candidats titulaires administrateurs de la Chambre, 58 délégués consulaires et bénéficie de 500 soutiens d’entreprises du 04.
Les élections se sont déroulées du 25 novembre au 8 décembre 2010 et à l’heure où vous lisez ces lignes les votes auront parlé. La victoire serait pour eux la seule échappatoire à un système
qui les a déçu explique Jean-luc Monteil. Dans le cas contraire, précise Marc Segard « nous resterons une alternative engagée dans le développement de l’économie locale et aurons d’autant plus de travail sur le terrain pour avancer avec nos partenaires. La gestion de la CCI 04 n’est pas une fin, c’est un moyen pour nous d’avoir une plus grande capacité d’action. »
Questions à Jean-Luc Monteil Président de L’ude 04Je crois que tout reste encore à faire. Notre département possède de nombreux atouts mais se trouve toujours dans l’attente d’un projet entraînant et capable de fédérer d’autres énergies. Le tissu industriel a été fragilisé et il faut envisager des actions de long terme guidées par une véritable politique de développement local. Je crois que nous avons tous les moyens de proposer des solutions concrètes aux problèmes économiques du département. Nous avons des ressources humaines engagées sur le territoire pour défendre nos intérêts à tous et ainsi préserver les jeunes générations d’un exil professionnel.
Notre réseau rassemble des entrepreneurs et nous partageons le goût du challenge et de la réussite. Nous avons su fédérer autour de nos idées, issues des échanges et des constats que nous faisons chaque jour au contact de nos adhérents mais aussi des nombreux
organismes partenaires que l’on côtoie. Ces idées ainsi que nos valeurs d’engagement, de partage et de détermination ont donné naissance à des propositions actives pour faire de notre département un territoire à entreprendre. La mobilisation de tous nos adhérents démontre la popularité d’une vision construite autour d’éléments qui rassemblent.
Nous véhiculons l’idée qu’il est indispensable que les entrepreneurs prennent en mains leur destin et ne le laissent pas à d’autres. Nous essayons de créer du lien autour d’idées qui motivent. Toute notre équipe travaille chaque jour pour répondre de manière réactive aux différentes attentes de nos adhérents et ce travail porte aujourd’hui ses fruits. Nous sommes allés chercher ces soutiens et nous les avons trouvés car c’est notre rôle comme celui de nos adhérents d’être acteurs du changement.
Questions à Marc Segard Candidat CCI 04 – Chef de liste UDE 04Il faut privilégier l’innovation, vendre le territoire pour attirer des entreprises et des projets. Nous devons faire du « marketing territorial » pour présenter nos atouts et convaincre les porteurs de projets d’investir dans les Alpes de Haute Provence. Nous devons renforcer la filière Saveurs & Senteurs pour mieux promouvoir et valoriser notre territoire, améliorer l’offre de formation en soutenant l’idée d’un Centre de Formation des Apprentis (CFA) inter consulaire, préparer demain…
Je crois qu’il faut surtout y voir l’opportunité pour notre département de mettre à profit une ouverture inévitable. Nous ne sommes pas de nature à craindre nos voisins avec qui nous entretenons par ailleurs de très bonnes relations. Il faut savoir envisager le meilleur et notre territoire mérite des alliés pour son développement. C’est une vision partagée par tous.
Celle d’une CCI proche de ses ressortissants et influente sur le développement.
Plus concrètement, il s’agit d’avoir les moyens de structurer la démarche de création et de développement des entreprises, de promouvoir et valoriser le territoire. Nous avons les moyens de travailler dans la complémentarité et d’en finir avec l’opposition des zones commerciales et du commerce de proximité. Nous avons par ailleurs un bon exemple de complémentarité avec l’association de commerçants
« La Dynamique Peipinoise », présidée par Carole Nouvion. Rassembler les artisans et les commerçants, grandes ou petites enseignes, telle est l’idée que l’on se fait du développement économique local.
Questions à Carole Nouvion Candidate liste Ude 04Cela m’a semblé être la suite logique de mon investissement à « La Dynamique Peipinoise ». J’aime travailler dans une optique de rassemblement et lorsque l’UDE 04 m’a sollicité pour m’engager à leurs côtés dans la gestion de la Chambre de Commerce, j’ai rencontré une large ouverture d’esprit. Je n’avais pas connaissance de ce réseau et après avoir participé aux réunions d’information j’ai pu constater que le discours était proche de mes idées. J’ai entendu parler du commerce et de l’industrie au sens large du terme et la transversalité de leur démarche est intéressante. Ce sont surtout des acteurs économiques et non des politiciens, ils sont forcément plus aptes à prendre en charge la gestion de ces thèmes.
Dans un premier temps, je souhaiterais faire en sorte que toutes les associations de commerçants bénéficient du même
soutien pour exister, que nous puissions nous rencontrer plus souvent pour échanger, tenir compte des problèmes des uns et des autres pour offrir à chacun une association qui fonctionne. C’est un vecteur important pour dynamiser le commerce et l’économie du territoire.
Il faut pour cela organiser un soutien autre que financier pour accompagner chacune d’entre elles dans le développement de ses activités.
Je ne sais pas vraiment quel est son rôle actuellement, j’ai une vision de la CCI de demain plus proche de ses acteurs économiques qui pourrait anticiper les besoins du territoire par des actions de terrain.
Vis-à-vis de ce que j’ai pu observer lors des différentes réunions publiques auxquelles j’ai participé, je constate qu’il y a plus de raisons de se rassembler que de se diviser. En s’appuyant là-dessus, on peut envisager de construire un territoire plus fort et plus attractif. On a tous quelque chose à apporter les uns aux autres et il n’est jamais bon de s’éterniser dans des batailles de clochers. Ne perdons pas de temps et mettons nos énergies en commun pour avancer dans l’intérêt général.
Si mon équipe était évincée, il y aurait évidemment une part de déception car je pense pouvoir apporter une vision nouvelle
du commerce de proximité. Quelle que soit l’issue de ces élections, il est évident que mon engagement pour la vie locale restera fort et porteur d’une volonté de rassembler les commerçants autour d’actions fédératrices.
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Par Marion VAUDOIS